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Accablé par la douleur, il se bat pour le droit de mourir

Lee Myung-shik endure des souffrances intolérables depuis quatre ans. Cet homme de 65 ans saisit la justice sud-coréenne pour que sa fille ne soit pas…

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Accablé par la douleur, il se bat pour le droit de mourir

Lee Myung-shik endure des souffrances intolérables depuis quatre ans. Cet homme de 65 ans saisit la justice sud-coréenne pour que sa fille ne soit pas condamnée pour l’avoir aidé à mourir.

Lee Myung-shik vit avec une myélite aiguë, une maladie neurologique rare et incurable. Cloué dans un fauteuil roulant, il dépend d’un aidant pour les gestes les plus simples. Les opioïdes puissants n’apaisent pas sa douleur. Il la décrit comme une sensation d’écrasement, comme si le bas de son corps était pris sous un camion. Les escarres et la nécrose cutanée s’ajoutent à son calvaire. « Je ne vis pas vraiment, je me contente de survivre », confie-t-il. La mort est devenue sa seule échappatoire.

En 2022, il avait préparé un départ pour la Suisse avec l’aide de Dignitas, une organisation qui accompagne les demandes de suicide assisté. Sa fille devait l’accompagner car il ne peut pas voyager seul. Mais la joie a laissé place à l’angoisse quand il a compris qu’elle risquait jusqu’à dix ans de prison à son retour en Corée du Sud. Aider quelqu’un à mourir est interdit par la loi sud-coréenne, même pour un proche. Il a donc tout annulé. Aujourd’hui, il saisit la Cour constitutionnelle, une première dans le pays. Son avocate est « prudemment optimiste » sur l’issue du recours.

Le débat divise la société sud-coréenne. Selon une enquête récente, 82% des personnes interrogées sont favorables à une légalisation de l’aide à mourir. Pourtant, un projet de loi présenté en 2024 a été bloqué sous la pression des groupes religieux et de l’Association médicale coréenne. Plusieurs pays comme la Suisse, les Pays-Bas ou le Canada autorisent déjà cette pratique. Lee Myung-shik attend une audience publique qui pourrait se tenir cette année. Il sait que Dignitas l’acceptera à tout moment. Mais il refuse de faire courir un risque à sa fille. Son combat est devenu celui de milliers de Coréens qui, comme lui, réclament le droit de partir dignement.

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