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À Nairobi, le bruit des motos change et les économies explosent

Les motos électriques envahissent les rues du Kenya, portées par la flambée du carburant. Un simple chauffeur de taxi témoigne des économies qui changent…

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À Nairobi, le bruit des motos change et les économies explosent

Les motos électriques envahissent les rues du Kenya, portées par la flambée du carburant. Un simple chauffeur de taxi témoigne des économies qui changent une vie.

Wisly Onyaiti enchaîne les trajets dans la circulation dense de Nairobi. Son engin noir est sa deuxième moto électrique et il ne jure plus que par elle. Avant, il subissait les réparations incessantes liées aux moteurs thermiques. Les fuites, les pièces à changer, tout cela a disparu. Mais le plus gros changement est ailleurs. Chaque jour, ce chauffeur à mi-temps économise 2 000 shillings kényans, soit environ 17 euros. Dans un pays où beaucoup de salariés gagnent à peine 100 euros par mois, cette somme est énorme. Wisly le dit sans détour la moto électrique a tout changé pour lui. Il étudie la criminologie et le marketing digital le reste de la journée, mais c’est son deux-roues qui lui permet de vivre mieux.

La guerre au Moyen-Orient a fait bondir les prix de l’essence partout dans le monde. Cette flambée a accéléré une tendance déjà bien lancée. Les ventes de motos électriques ont grimpé de 40 % ces trois derniers mois au Kenya. Des marques comme ArcRide, Ampersand et surtout Spiro, une start-up africaine, se partagent le marché. Spiro revendique 90 % des e-bikes du pays. Dans son usine de Nairobi, plus de 400 motos sortent chaque jour des chaînes de montage. En 2024, la marque en vendait 4 000 au Kenya. Un an plus tard, le chiffre est passé à 14 000. Pour 2026, l’objectif est de 50 000. Spiro est aussi présent dans sept autres pays africains et compte déjà environ 100 000 deux-roues sur le continent. L’ambition est de tripler ce nombre d’ici fin 2026. Au Rwanda, la municipalité de Kigali a même interdit les motos classiques. L’Ouganda pousse aussi pour une transition rapide.

Cette transition est bien plus rapide qu’en Europe. Pourquoi Un détail clé change tout en Afrique, la grande majorité des motos servent à usage commercial. Les chauffeurs les utilisent comme taxis ou pour transporter des marchandises. En Europe, les motos sont souvent un loisir ou un trajet domicile-travail. Les économies réalisées sont vitales pour des conducteurs aux revenus modestes. Les fabricants ont aussi rendu l’achat plus accessible. Les motos neuves les moins chères coûtent environ 650 euros, mais les batteries sont vendues séparément. Des centres d’échange de batteries poussent partout à Nairobi. L’échange dure deux minutes à peine. Une batterie chargée pour 80 kilomètres coûte l’équivalent de 1,78 euro. Avec l’essence, pour parcourir la même distance, il faut débourser environ 3,55 euros. Le prix de la recharge est donc deux fois moins élevé. Un dirigeant d’ArcRide ironise le soutien américain à Israël dans la guerre en Iran a rendu les véhicules électriques bien plus attractifs. Autre argument le Kenya importe 100 % de son essence, ce qui pèse sur la balance commerciale. L’électricité, elle, est produite localement et à 93 % verte grâce à la géothermie, l’hydroélectricité, le solaire et l’éolien. Un responsable local parle d’un bond en avant technologique comparable à celui du téléphone portable dans les années 2000. L’Afrique, dit-il, va encore apprendre au monde. Spiro envisage même d’exporter ses solutions vers l’Asie.

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