Société
Le New Jersey donne une maison à la légende Bruce Springsteen
Bruce Springsteen a désormais son musée dans le New Jersey. Un lieu qui raconte à la fois son histoire et celle de la musique américaine, de Woody Guthrie…


Bruce Springsteen a désormais son musée dans le New Jersey. Un lieu qui raconte à la fois son histoire et celle de la musique américaine, de Woody Guthrie à Kendrick Lamar.
L’endroit porte un nom qui en dit long : le Bruce Springsteen Center for American Music. Il vient d’ouvrir ses portes à Long Branch, à quelques kilomètres d’Asbury Park, cette petite ville balnéaire ouvrière où tout a commencé pour le rockeur. Le bâtiment, avec sa façade en acier brut, rend hommage au passé industriel de la région. À l’intérieur, près de 3000 mètres carrés sont consacrés à la musique et à celui que ses fans appellent « The Boss ».
Le musée raconte d’abord la grande histoire musicale des États-Unis. Blues, country, jazz, hip hop, chaque genre a son espace. Le visiteur croise une veste d’Elvis Presley, un saxophone de John Coltrane, une guitare d’Eddie Van Halen. Et au centre de tout cela, une question parcourt l’exposition : comment la musique peut-elle porter la voix de ceux qu’on n’entend pas ? Springsteen lui-même le dit dans un film projeté au début de la visite : « Je ne suis que l’un des maillons d’une longue lignée de passeurs. » Le parcours met en avant Woody Guthrie, Bob Dylan, Nina Simone, Public Enemy, Kendrick Lamar. Tous ont fait de la chanson un acte politique.
L’étage supérieur est consacré à l’enfant du New Jersey. Ses premiers concerts sur le campus de l’université Monmouth, la formation de l’E Street Band, le succès des années 1970, puis le triomphe mondial de « Born in the USA » en 1984. Une chanson souvent mal comprise. Le musée prend le temps d’expliquer qu’il ne s’agit pas d’un hymne patriotique, mais d’une dénonciation du traitement réservé aux vétérans du Vietnam. Une bibliothèque virtuelle rassemble les livres qui ont marqué le chanteur, lui qui a quitté l’école tôt et n’a vraiment commencé à lire qu’à 28 ans. Le musée a coûté 53 millions de dollars, financé en grande partie par des fans fortunés. Il doit aussi accueillir les archives personnelles de Springsteen. Et pour ceux qui veulent s’essayer à la musique, un studio reconstitué permet de mixer un morceau sur une petite console.
Si le rockeur est connu pour son opposition frontale à Donald Trump, le musée évite soigneusement toute politisation directe. Le nom du président républicain n’apparaît nulle part dans l’exposition permanente. Le directeur exécutif Bob Santelli, un proche de Springsteen, explique vouloir raconter une « histoire apolitique ». Mais il ajoute dans la foulée qu’une exposition temporaire vient d’ouvrir en même temps que le bâtiment. Elle s’appelle « Les carillons de la liberté : politique, contestation et pouvoir de la musique ». Elle restera en place six mois. De quoi montrer que, même sans le dire, le musée ne tourne pas le dos à l’engagement.
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