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Perpétuité requise pour la mère accusée d’avoir fait assassiner son mari

Delphine Pinto est poursuivie pour avoir commandité le meurtre de son époux, un kinésithérapeute abattu d’une balle dans la tête en cueillant des roses.…

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Perpétuité requise pour la mère accusée d'avoir fait assassiner son mari

Delphine Pinto est poursuivie pour avoir commandité le meurtre de son époux, un kinésithérapeute abattu d’une balle dans la tête en cueillant des roses. L’accusation a requis la réclusion criminelle à perpétuité, dénonçant une vie tissée de mensonges et de manipulations.

Le 2 août 2021, Jean-Christophe Piel, 41 ans, s’est effondré dans son jardin à Breuil-le-Vert, dans l’Oise. Il venait de cueillir des roses quand une balle l’a atteint à la tête. Ce jour-là, le divorce avec sa femme Delphine Pinto était en cours. Derrière cette mort brutale, l’accusation voit un plan froidement orchestré. Selon le réquisitoire, Delphine Pinto aurait non seulement souhaité la mort de son mari, mais elle aurait utilisé son amant comme intermédiaire pour recruter un tireur. L’avocat général a parlé de « mensonges et simulation » comme d’une constante dans la vie de l’accusée, et a demandé le retrait de son autorité parentale sur leurs deux filles, nées en 2014 et 2017.

Le procès a mis en lumière des contradictions à répétition. Les cinq accusés ont nié leur implication, mais leurs versions se sont empilées sans jamais se rejoindre. L’avocat général a résumé la situation d’une formule cinglante : « À eux cinq, ils ont tout dit et son contraire. » Delphine Pinto elle-même a reconnu être mythomane, un trait confirmé par son passé judiciaire pour escroquerie et usurpation d’identité. Lors d’un appel téléphonique avec son amant juste après le meurtre, les enquêteurs ont découvert un langage codé. Selon l’accusation, les « travaux réalisés » mentionnés n’étaient qu’une manière voilée d’annoncer l’exécution. Un témoin a décrit une femme menaçante, un mari sous emprise.

Les réquisitions sont tombées avec une sévérité mesurée. Pour Delphine Pinto et le tireur présumé, la perpétuité avec une peine de sûreté maximale de 22 ans. Pour l’amant, l’intermédiaire, 18 ans de réclusion. Pour le fournisseur d’arme, 14 ans. Et pour le fils de Delphine Pinto, issu d’un premier mariage, cinq ans dont un avec sursis pour avoir eu connaissance du plan. Les proches de la victime, assis sur les bancs des parties civiles, ont accueilli ces peines avec émotion et soulagement. L’avocate d’une association qui protège les deux petites filles a déploré qu’elles n’aient toujours pas eu accès à la vérité. « Il n’y a pas d’autre consolation que la vérité, et cette vérité ne leur a pas été donnée », a-t-elle lancé.

Un autre élément trouble a marqué ce procès. Une semaine avant sa mort, Jean-Christophe Piel avait été innocenté d’accusations d’agression sexuelle incestueuse sur l’une de ses filles. Il avait aussi été accusé d’agressions sur trois autres enfants de Delphine Pinto, qu’il avait adoptés. L’avocat général a estimé qu’il s’agissait de « calomnies », décrivant la victime comme un « homme innocent ». Delphine Pinto, elle, avait autrefois fait croire à ses enfants que son fils, atteint d’une maladie du dos, allait mourir prochainement. Un mensonge qualifié d' »ignoble » par l’avocate des proches du défunt. Le verdict est attendu vendredi soir, après les plaidoiries de la défense. Les juges devront trancher entre la version d’une femme manipulatrice et celle d’une accusée qui clame n’avoir « jamais commandité le meurtre ».

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