Société
Le championnat des conducteurs de bus se joue dans les rues de Paris
Neuf finalistes venus de toute la France ont réalisé le même parcours dans la capitale. Entre chaos urbain et passagers réels, le vainqueur a dû faire…


Neuf finalistes venus de toute la France ont réalisé le même parcours dans la capitale. Entre chaos urbain et passagers réels, le vainqueur a dû faire preuve d’une maîtrise hors norme.
C’est une compétition méconnue mais terriblement exigeante. Tous les deux ans, l’Union des transports publics et ferroviaires organise les « Bus d’Or », un concours qui réunit des dizaines de conducteurs issus de réseaux urbains de tout le pays. Cette année, l’épreuve reine se déroulait en plein Paris, à bord d’un bus électrique, avec de vrais passagers et un itinéraire inconnu pour les candidats. Lionel Combacau, 40 ans, conducteur à Valence, faisait partie des finalistes. Son quotidien dans la Drôme n’a rien à voir avec le tumulte parisien. Pourtant, il a dû négocier les rues pavées, les livreurs pressés et les trottinettes surgissant de nulle part. « Les vélos ne font pas de cadeau ici », glisse-t-il, concentré.
Le parcours, une quinzaine d’arrêts sur la ligne 28 au départ de Montparnasse, a été pensé comme un véritable test en conditions réelles. Lionel était accompagné du conducteur habituel de la ligne, qui le prévenait des pièges : certains carrefours exigent de traverser en deux temps pour ne pas bloquer la circulation. Un couple de clients-mystères, monté anonymement, notait chaque détail : la douceur du freinage, la précision du stationnement, l’accueil des passagers. « Les camions de livraison arrivent vite et j’ai vu une trottinette au dernier moment », raconte celui qui en était à sa quatrième participation. Déjà finaliste deux fois, il avait échoué une autre année sur une simple manœuvre ratée. Cette fois, il a tenu le choc jusqu’aux Champs-Élysées.
Au-delà de la technique, le concours met en lumière une réalité qui touche tout le métier. « Les gens sont devenus individualistes, stressés, nerveux », constate Lionel. Il raconte avoir appris à se forger une « petite carapace » après des années à dire bonjour à chaque voyageur, sans toujours recevoir de réponse. Pourtant, il aime son travail, malgré les horaires décalés. « J’estime que je rends vraiment service aux gens », confie-t-il. Une passagère habituée de la ligne, Françoise, appuie : « Je prends toujours partie pour les conducteurs quand les passagers s’énervent. Ils font ce qu’ils peuvent. » Le secteur cherche à recruter massivement d’ici 2030, avec 100 000 postes à pourvoir dont 60 000 conducteurs. Et cette année, c’est Lionel Combacau qui est reparti avec le grand prix. Sa persévérance a payé.
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