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Quai Branly vingt ans d’audace culturelle et de réconciliation

Inauguré en 2006 par Jacques Chirac ce musée parisien dédié aux arts d’Afrique d’Asie d’Océanie et des Amériques a gagné son pari. Entre expositions…

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Quai Branly vingt ans d’audace culturelle et de réconciliation

Inauguré en 2006 par Jacques Chirac ce musée parisien dédié aux arts d’Afrique d’Asie d’Océanie et des Amériques a gagné son pari. Entre expositions populaires et restitutions d’œuvres spoliées il s’est imposé comme une passerelle entre la France et le monde.

Le dernier-né des grands musées nationaux de Paris fête ses vingt ans. Un anniversaire que beaucoup n’auraient pas parié voir arriver tant le projet a été contesté à ses débuts. Aujourd’hui le Quai Branly Jacques Chirac peut se vanter d’avoir accueilli 25 millions de visiteurs et organisé 161 expositions. Son succès repose sur un pari audacieux faire découvrir aux Parisiens et aux touristes des cultures qu’ils connaissent mal. Des chefferies du Cameroun à la civilisation de Teotihuacán en passant par l’art du tatouage le public a répondu présent. Même la mode n’est pas oubliée avec des expositions comme Africa Fashion ou Au fil de l’or qui a attiré 1,2 million de personnes en Chine. Son président Emmanuel Kasarhérou originaire de Nouvelle-Calédonie résume l’esprit du lieu on y croise les regards entre art ancestral et pop culture sans jamais rester figé sur le passé.

Mais le musée n’est pas seulement un lieu d’émerveillement. Depuis 2017 il se trouve au cœur d’un processus délicat la restitution d’œuvres volées ou spoliées pendant la colonisation. Une question qui a provoqué des polémiques en France mais qui avance. Le retour au Bénin des 26 trésors d’Abomey celui du tambour parleur Djidji Ayôkwé à la Côte d’Ivoire ou encore du sabre d’El Hadj Omar au Sénégal sont autant de gestes forts. Pour Kasarhérou ces restitutions ont été bénéfiques des deux côtés. Le Bénin a construit un musée pour accueillir ses œuvres avec faste et en France les visiteurs ont découvert des pans méconnus de l’histoire coloniale. Une loi votée en mai dernier facilite désormais ces retours en assouplissant le principe d’inaliénabilité des collections publiques. La Côte d’Ivoire et le Bénin sont les plus actifs pour réclamer d’autres objets tandis que les discussions avec le Mali sont au point mort depuis le coup d’État.

Le musée regarde déjà plus loin. En 2027 il proposera une exposition sur les Aïnous un peuple autochtone de l’île japonaise d’Hokkaïdo souvent oublié. Et il espère s’ouvrir à l’Iran en 2028 un pays immense et riche en diversité culturelle. Vingt ans après sa création le Quai Branly continue de surprendre et de tisser des liens là où on ne l’attendait pas.

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