Culture
Marseille lance sa propre fashion week écolo et gratuite, ouverte à tous
Fini les podiums inaccessibles et les robes à prix d’or. Dans la cité phocéenne, une semaine de la mode dédiée à la récupération et à la débrouille veut…


Fini les podiums inaccessibles et les robes à prix d’or. Dans la cité phocéenne, une semaine de la mode dédiée à la récupération et à la débrouille veut habiller le quotidien sans exploser la planète.
L’événement s’appelle la Slow Fashion Week et il fait tout autrement. Pas de défilés payants ni de stars invitées du bout du monde. Ici, les shows se déroulent sur un ferry ou dans un entrepôt de tramway, souvent avec du retard. Le public est convié gratuitement, peut discuter avec les créateurs et même visiter leurs ateliers. Les mannequins ne sont pas des corps filiformes calibrés pour l’industrie, mais des femmes et des hommes de tous âges et de toutes tailles. L’ambiance est à l’entraide et à la récupération, un état d’esprit que les fondatrices décrivent comme typiquement marseillais. Marion Lopez, qui a passé quinze ans dans la mode classique entre Paris et l’étranger, a créé l’école de mode éco-responsable à l’origine du festival. Elle raconte avoir vu l’envers du décor de l’industrie textile et vouloir prouver qu’on peut créer sans matière neuve. Avec sa complice Charlotte Labigne, elles rappellent un chiffre clé : un simple jean en coton neuf engloutit 11 000 litres d’eau. Alors elles misent tout sur les vêtements de seconde main.
Les créateurs locaux poussent le concept très loin. Juliette Moutte, par exemple, ne travaille qu’à partir de vieux bijoux chinés. Dans son petit atelier du quartier du Camas, elle démonte de lourdes gourmettes en maille Figaro, les mixe avec des pierres de verre recyclées et en fait des pièces uniques chargées d’histoires. Pour elle, le système D, le troc et la récupération ont toujours fait partie de la culture populaire marseillaise. Autre exemple, la marque Engagés Engagées crée des robes, des blouses et des pantalons amples à partir des textiles qui débordent des centres de tri de la ville. Sa fondatrice, Julie Genevois, propose des coupes intemporelles pour casser la frénésie d’achat. Ses vêtements solaires, jaune poussin ou bleu ciel, sont vendus entre 60 et 110 euros. Le parti pris est clair : tout est possible avec ce qui existe déjà.
L’initiative ne se limite pas aux défilés. La mairie de Marseille, premier partenaire, met à disposition des lieux publics comme des musées, des places ou la bibliothèque de l’Alcazar. L’objectif est d’ancrer la mode dans la vie de tous les jours, pas sur des podiums inaccessibles. Des ateliers invitent le public à réfléchir à sa consommation et à upcycler ses propres vêtements. Dans un entrepôt Emmaüs, des jeunes comme Janne Lourdais, 24 ans, découpent des morceaux de tissu pour customiser un t-shirt basique. Elle s’habille cent pour cent seconde main par éthique et par budget. Elle observe que cette pratique gagne du terrain à Marseille, et que ça colle bien à l’esprit de la ville. Derrière ces gestes individuels, un constat global : l’industrie textile est l’une des plus polluantes de la planète, responsable de près de 10% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit plus que l’aviation et le transport maritime réunis. Elle consomme aussi 4% de l’eau potable de la Terre. La Slow Fashion Week marseillaise propose une alternative concrète, populaire et joyeuse, loin des capitales de la mode et de leur rythme effréné.
À lire aussi





Faits DiversEn Ligne 7 joursApéro et jeu d’arme mortels le chef de groupe avoue avoir fait disparaître les preuves



NewsEn Ligne 2 joursLe père du suspect de l’affaire Lyhanna accusé de viol par ses propres petites-filles



SportsEn Ligne 6 joursAlexander Zverev et la vanne qui fâche Alizé Cornet



Faits DiversEn Ligne 3 joursLe procès des voleurs de manuscrits de Pouchkine s’ouvre à Paris



SportsEn Ligne 6 joursKlopp au Real Madrid, la promesse qui fâche



SociétéEn Ligne 3 joursLe français vacille à l’université, les facs passent à l’action



PlanèteEn Ligne 4 joursLa Polynésie française étend son sanctuaire marin géant pour protéger l’océan



SportsEn Ligne 2 joursUn duo portugais verrouillé au PSG, le Real Madrid encaisse un refus








