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Le président qui a eu raison trop tôt

Depuis le retour de Donald Trump, la vision d Emmanuel Macron pour l Europe semble enfin validée. Mais le chef de l État paie encore ses erreurs et son…

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Le président qui a eu raison trop tôt

Depuis le retour de Donald Trump, la vision d Emmanuel Macron pour l Europe semble enfin validée. Mais le chef de l État paie encore ses erreurs et son manque de moyens.

En janvier, une image a fait le tour du monde. Emmanuel Macron, lunettes noires calées sur le nez, un anglais teinté d accent français et un « for sure » devenu viral. À Davos, il a dénoncé la brutalité de Trump et vanté une Europe prévisible face à une Amérique imprévisible. Ce discours a redonné de l éclat à un président affaibli chez lui. Ses idées, moquées pendant des années, semblaient soudain prophétiques. L Europe que prône Macron, celle d une puissance souveraine et autonome, la crise du Covid, la guerre en Ukraine et les droits de douane de Trump l ont rendue crédible.

Mais le chemin a été semé d embûches. Au début de son mandat, Macron a déroulé le tapis rouge à Vladimir Poutine. Il n a pas vu venir l invasion de l Ukraine en 2022. Ses propos sur le fait de ne pas « humilier » la Russie ont irrité Kiev et les pays de l Est. Plus tard, quand il a voulu prendre la tête du soutien militaire à l Ukraine, ses déclarations sur un possible envoi de troupes ont été mal accueillies. Même flou au Moyen Orient après le 7 octobre 2023. Trop pro israélien pour la gauche, trop favorable à un État palestinien pour la droite, son « en même temps » a brouillé sa position.

Malgré cette vision reconnue, les résultats concrets tardent. Le projet d avion de combat franco allemand Scaf patine. L endettement commun qu il réclame bute sur le refus de Berlin. Les coalitions qu il lance, pour l après guerre en Ukraine ou dans le détroit d Ormuz, restent en chantier. Ses adversaires lui reprochent aussi une diplomatie de la complaisance avec Trump, une stratégie de la « papouille » pour éviter les affrontements. En France, sa faiblesse politique et les déboires budgétaires limitent son poids. Ses idées sont reprises, mais il n a pas su les transformer en actions collectives. La bataille des concepts est gagnée. Celle des faits, elle, attend encore.

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