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À Gaza, une école de cuisine renaît pour apprendre à cuisiner avec presque rien
Bombardée deux fois, la Smile Kitchen Academy a rouvert ses portes. Malgré les pénuries et le coût de l’électricité, des Gazaouis apprennent les bases de…


Bombardée deux fois, la Smile Kitchen Academy a rouvert ses portes. Malgré les pénuries et le coût de l’électricité, des Gazaouis apprennent les bases de la cuisine pour se reconstruire.
Dans la ville de Gaza, au milieu des ruines et de la fatigue, une école de cuisine fait renaître l’espoir. La Smile Kitchen Academy, fondée en 2016, a été détruite par deux vagues de bombardements israéliens en 2021 puis en 2023 après l’attaque du Hamas. Fermée trois ans, elle a pu rouvrir cette année grâce à une trêve fragile en vigueur depuis octobre 2025. Les élèves portent fièrement leur veste blanche floquée du drapeau palestinien. Mais en coulisses, tout est compliqué. Le chef Nabil al-Shawaf improvise ses cours avec ce qu’il trouve sur le marché. Un jour, poivrons et piments jalapeño. Le lendemain, sauce tomate. L’essentiel manque. Le carburant coûte cher, l’électricité est rare. “Cela nous empêche d’atteindre les plus hauts standards en arts culinaires”, confie-t-il.
Pourtant, les étudiants sont là, motivés. Huda Zamo, 34 ans, a tout perdu pendant la guerre. Elle vendait des vêtements en ligne avant. Aujourd’hui, elle veut nourrir les autres. “Nous avons connu la famine et le déplacement”, raconte-t-elle, une toque posée sur son voile rose. À Gaza, la crise alimentaire est extrême. Selon l’ONU, environ 75% des terres agricoles ont été endommagées. Près d’1,6 million de personnes sur 2,1 millions d’habitants souffrent d’insécurité alimentaire aiguë. Le blocus israélien limite l’entrée des marchandises. Même avec le cessez-le-feu, les prix restent trop élevés pour beaucoup. Mais l’école persiste. Les cours, qui durent un an, apprennent des techniques de base comme monter une mayonnaise ou préparer une sauce jalapeño. Des gestes simples qui deviennent un luxe dans un territoire où tout fait défaut.
Le directeur de l’école, Ahmed Abou Taha, voit plus loin. “Les étudiants ont des espoirs et des rêves”, dit-il. Après leur formation, ils pourront travailler à Gaza ou à l’étranger. L’école est certifiée par une organisation basée à Paris, ce qui donne une reconnaissance internationale. Mais il faudra aussi obtenir un laissez-passer d’Israël, qui contrôle strictement les sorties du territoire. Malgré tout, Huda Zamo sourit “Ce que nous apprenons ici, on peut l’appliquer partout dans le monde. Si Dieu le veut, cela portera ses fruits.” Dans ce contexte de pénurie et de destruction, cette académie est bien plus qu’une école. C’est une respiration, un geste de résistance silencieuse.





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