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_**Une alliance inédite se dresse contre l’emprise des énergies fossiles**_

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La cinquantaine de nations réunies à Santa Marta, en Colombie, pour une conférence sur l’abandon des combustibles fossiles entend incarner une force politique capable de bousculer le statu quo des négociations climatiques internationales.

La ministre colombienne de l’Environnement, Irene Velez Torres, a présenté ce sommet parallèle comme l’émergence d’une nouvelle dynamique collective. Interrogée en marge des discussions, elle a estimé que l’absence des plus grands émetteurs mondiaux, tels que les États-Unis, la Chine ou la Russie, ne fragilise en rien la légitimité de la rencontre. Au contraire, a-t-elle souligné, ces pays ont souvent usé de leur droit de veto pour entraver les avancées lors des conférences annuelles de l’ONU sur le climat.

Elle a mis en avant le poids démographique des participants, qui représentent près de la moitié de la population mondiale, mêlant nations consommatrices, productrices et vulnérables, tant du Sud que du Nord. Selon elle, cette diversité constitue une force nouvelle, capable de proposer des solutions concrètes sans attendre une déclaration commune ou un accord contraignant. L’objectif est de tracer des voies alternatives, en espérant que les grands émetteurs finiront par les rejoindre.

Cette conférence, qui se tient en marge des COP onusiennes, traduit une lassitude croissante face aux lenteurs du multilatéralisme climatique. Irene Velez Torres a reconnu une crise de ce système, tout en plaidant pour un renouveau plutôt qu’un abandon. Elle appelle à un multilatéralisme plus ancré dans les réalités populaires, moins inféodé aux intérêts idéologiques ou économiques des industries fossiles. Les COP, selon elle, ont montré leurs limites, notamment en raison de l’influence du lobby pétrolier et d’une règle du consensus qui freine les ambitions.

Parmi les résultats concrets attendus, la ministre a annoncé la création d’un groupe d’experts scientifiques dédié à la transition énergétique. Celui-ci devra fournir des conseils aux collectivités et aux États pour élaborer leurs propres feuilles de route. Une synthèse des contributions des gouvernements, de la société civile et du secteur privé sera également remise aux présidences des prochaines COP pour nourrir la stratégie mondiale de sortie des énergies fossiles.

Interrogée sur le paradoxe colombien, pays à la fois promoteur de la transition et grand producteur de charbon et de pétrole, Irene Velez Torres a rappelé les décisions du gouvernement de Gustavo Petro : ni nouveaux contrats d’hydrocarbures, ni extension de l’exploitation minière. Elle a cité des signes encourageants pour 2025, avec des exportations de café dépassant celles du charbon en valeur, et une production d’énergie solaire devenue supérieure à celle issue du charbon pour la première fois dans l’histoire du pays.

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