Monde
Le fils du dernier chah d’Iran rejette toute négociation avec Téhéran
L’héritier de la dynastie Pahlavi estime que les discussions avec le régime religieux iranien constituent une forme de capitulation et appelle les Européens à durcir leur position.
En déplacement à Berlin dans le cadre d’une tournée européenne, Reza Pahlavi a sévèrement critiqué la stratégie de dialogue adoptée par les puissances occidentales à l’égard de la République islamique. Pour le fils de Mohammad Reza Pahlavi, renversé par la révolution de 1979, toute tentative de négociation avec les autorités de Téhéran relève d’une politique d’apaisement stérile et vouée à l’échec. Il a exprimé l’espoir que le peuple iranien parvienne à se soulever de nouveau pour provoquer un changement de régime.
L’homme de 65 ans a été accueilli dans la capitale allemande par une foule de partisans, mais aussi par des manifestants hostiles. L’un d’eux l’a aspergé d’un liquide rouge avant d’être interpellé. Lors d’une conférence de presse, Reza Pahlavi a exhorté les gouvernements européens, qui se sont jusqu’ici tenus à l’écart du conflit américano-israélien contre l’Iran, à adopter des mesures plus fermes, allant de l’expulsion des ambassadeurs iraniens à l’aide pour rétablir l’accès à Internet dans le pays, régulièrement restreint par le pouvoir.
Il a jugé illusoire l’idée que les nouveaux responsables iraniens, qui ont remplacé ceux tués lors des frappes américano-israéliennes, puissent modifier leur comportement. Selon lui, il s’agit simplement de visages différents d’un même système. Il a appelé à un soulèvement populaire, affirmant que la priorité était de permettre aux Iraniens de reprendre possession de l’espace public.
Le gouvernement du chancelier allemand Friedrich Merz n’a pas prévu de rencontrer Reza Pahlavi, bien que plusieurs parlementaires aient programmé des entretiens avec lui. Le prétendant à la succession dynastique a également accusé les médias occidentaux de relayer la propagande iranienne et d’être déconnectés de la réalité du pays. Il a rappelé le rassemblement de 250 000 personnes à Munich en février pour soutenir la dynastie Pahlavi, assurant que la génération Z iranienne constituait son plus grand réservoir de soutien.
Reza Pahlavi ne représente pourtant qu’une des nombreuses factions de la diaspora iranienne, souvent divisées. Il n’a pas non plus obtenu la reconnaissance officielle du président américain Donald Trump, qui n’a jamais accepté de le rencontrer et a exprimé à plusieurs reprises ses doutes sur sa capacité à diriger l’Iran.
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