Monde
L’ancien président philippin Rodrigo Duterte sera jugé par la Cour pénale internationale
La CPI confirme les accusations de crimes contre l’humanité et renvoie l’ex-dirigeant devant ses juges, une première pour un ancien chef d’État asiatique.
La Cour pénale internationale a annoncé jeudi la tenue d’un procès à l’encontre de Rodrigo Duterte, après avoir validé les charges pesant sur l’ancien président des Philippines. Dans un communiqué, l’institution basée à La Haye a précisé que les juges de la phase préliminaire avaient, à l’unanimité, confirmé l’ensemble des chefs d’accusation retenus contre l’homme de 81 ans, le renvoyant ainsi en jugement pour des crimes présumés commis durant sa campagne antidrogue.
Les procureurs de la CPI inculpent Duterte de trois chefs de crimes contre l’humanité, l’accusant d’être impliqué dans au moins 76 meurtres liés à cette politique répressive. Selon les estimations, cette guerre contre les stupéfiants aurait fait plusieurs milliers de victimes. L’ancien maire de Davao, devenu président des Philippines de 2016 à 2022, devient ainsi le premier ancien chef d’État asiatique à comparaître devant la juridiction internationale, chargée de juger les crimes les plus graves tels que les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité.
Cette décision intervient dans un contexte délicat pour la Cour, qui traverse la période la plus éprouvante de ses vingt-quatre années d’existence. Les États-Unis ont en effet imposé des sanctions à l’encontre de juges et de responsables clés après que la CPI a émis des mandats d’arrêt contre des dirigeants israéliens dans le cadre du conflit à Gaza. Par ailleurs, il est probable que Duterte ne comparaisse pas physiquement devant les juges. Sa défense affirme que son état mental est trop affaibli pour lui permettre de suivre la procédure. L’ancien président ne s’est pas présenté lors des audiences de confirmation des charges en février, et sa seule apparition depuis son arrestation remonte à une première comparution par visioconférence, où il semblait désorienté et affaibli.
Les juges de la phase préliminaire ont estimé qu’il existait des motifs sérieux de croire que Duterte était responsable des crimes d’assassinat et de tentative d’assassinat. Lors des audiences de février, les procureurs ont soutenu que l’ancien dirigeant avait ordonné l’exécution de milliers de trafiquants et de consommateurs présumés de drogue, d’abord en tant que maire de Davao, puis en tant que chef de l’État philippin. Ils l’accusent d’avoir personnellement dressé des listes de personnes à abattre, d’avoir incité à commettre des meurtres et de s’en être vanté, présentant aux juges plusieurs vidéos où il menace de tuer des consommateurs présumés et plaisante sur ses méthodes d’exécutions extrajudiciaires.
Le premier chef d’accusation concerne son implication présumée en tant que coauteur dans dix-neuf meurtres commis entre 2013 et 2016, lorsqu’il était maire de Davao. Le deuxième porte sur quatorze meurtres de cibles de grande importance perpétrés en 2016 et 2017, durant sa présidence. Le troisième chef d’accusation vise quarante-trois assassinats réalisés lors d’opérations de nettoyage contre des consommateurs ou revendeurs de drogue présumés de bas niveau à travers les Philippines entre 2016 et 2018.
La défense de Duterte a contesté ces accusations, affirmant que les procureurs avaient sélectionné les discours de leur client en ignorant des dizaines d’exemples où il soulignait la nécessité d’agir dans le respect de la loi. L’avocat de l’ancien président a déclaré que son client clamait son innocence sans réserve, ajoutant que si ses discours étaient truffés de menaces, aucun lien avéré n’existait entre sa rhétorique et les crimes présumés. Il a également soutenu qu’aucune preuve irréfutable n’avait été présentée dans cette affaire.
De leur côté, les avocats des victimes ont salué cette décision, estimant que les proches des personnes tuées attendaient ce moment depuis des années. L’une d’elles a déclaré devant les juges que les victimes se tenaient devant la Cour dans l’espoir que la justice, longtemps refusée, soit enfin à portée de main, ajoutant que cette institution était leur dernier refuge. Par ailleurs, dans une procédure distincte, la Chambre d’appel de la CPI a confirmé mercredi la compétence de la Cour dans cette affaire, rejetant ainsi un pourvoi de la défense.
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