Économie
Safran décolle avec vigueur malgré les turbulences moyen-orientales
Le motoriste français enregistre une progression de 18,8% de son chiffre d’affaires au premier trimestre, porté par les livraisons record de son moteur Leap, sans subir pour l’instant les conséquences des tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Spécialiste de l’aéronautique et de la défense, Safran a connu un début d’année particulièrement dynamique grâce à l’accélération des livraisons de son moteur phare Leap. Le groupe affiche un chiffre d’affaires ajusté de 8,6 milliards d’euros sur les trois premiers mois de l’année, une performance supérieure aux attentes des analystes qui contraste avec les incertitudes pesant sur le trafic aérien au Moyen-Orient.
« Cette entame d’exercice remarquable témoigne de la vitalité de nos segments aéronautique et défense, sans que nous ayons constaté à ce stade de répercussion des événements au Moyen-Orient », a indiqué Olivier Andriès, directeur général de Safran, lors d’un point presse téléphonique. Le dirigeant a précisé que la région ne représente qu’environ 5% du trafic aérien mondial, principalement sur les liaisons court et moyen-courriers. Interrogé sur l’éventuel impact de la hausse des prix du pétrole et des craintes de pénurie de kérosène, il a jugé prématuré d’avancer une quelconque évaluation. La crise n’a eu « aucune incidence » sur les comptes du premier trimestre et ne devrait pas « non plus affecter significativement » le deuxième, a-t-il ajouté, renvoyant à la publication des résultats semestriels en juillet pour un premier bilan.
Les livraisons du moteur Leap, qui équipe l’intégralité des 737 Max de Boeing et les deux tiers des A320neo d’Airbus, ont bondi de 63% sur un an pour atteindre 520 exemplaires. Il s’agit du troisième trimestre consécutif où le seuil des 500 unités est franchi. Cette embellie semble avoir apaisé les tensions avec Airbus, qui déplorait régulièrement les pénuries de ce moteur fabriqué par CFM, la coentreprise détenue par Safran et l’américain GE. Depuis le début de l’année, l’avionneur européen a cessé de pointer Safran du doigt, préférant critiquer son autre fournisseur pour la famille A320, l’américain Pratt & Whitney. Interrogé sur une éventuelle volonté de conquérir davantage de parts de marché sur ce segment, Olivier Andriès a opposé une fin de non-recevoir. « Nous n’avons pas l’intention de chercher à accroître notre présence sur ce marché », a-t-il affirmé.
L’activité de pièces de rechange, la plus rentable pour le groupe, a progressé de 29%, tandis que les services ont enregistré une hausse de 43%. La branche propulsion de Safran a vu son chiffre d’affaires croître de 33,1%, porté à près d’un tiers par l’après-vente et à 35% par la vente de moteurs neufs. Le modèle économique du groupe repose sur une stratégie de marges réduites à la vente des moteurs, compensées par des contrats de maintenance et de fourniture de pièces détachées bien plus lucratifs sur la durée de vie des appareils. Ce positionnement, tourné vers les compagnies aériennes plutôt que vers les constructeurs comme Airbus, génère régulièrement des frictions sur la répartition de la valeur au sein de la filière aéronautique.
Malgré les incertitudes liées au conflit au Moyen-Orient, Safran a maintenu ses prévisions annuelles, tablant sur une croissance du chiffre d’affaires comprise entre 12% et 15% et une augmentation de 15% des livraisons de moteurs Leap. Le groupe vise un flux de trésorerie disponible de 4,4 à 4,6 milliards d’euros, malgré une contribution exceptionnelle à l’impôt sur les sociétés en France estimée à environ 470 millions d’euros. Réputé pour sa prudence, Safran a laissé entendre qu’il pourrait revoir ses objectifs à la hausse, mais pas avant l’été. « Au vu de ce démarrage très soutenu, qui se confirme en avril, on peut raisonnablement penser que nous nous situerons dans le haut de la fourchette annoncée », a souligné Pascal Bantegnie, le directeur financier. « Si nous avons l’habitude de relever nos prévisions, cela intervient généralement à l’occasion de la publication des comptes semestriels », a-t-il conclu.
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