Économie
Un projet d’incinérateur géant aux Fidji suscite une vive controverse
Porté par des investisseurs australiens, ce projet énergétique ambitieux est dénoncé par des habitants et des diplomates, qui craignent des risques environnementaux et y voient une forme de néocolonialisme.
Un projet de construction d’un important centre de traitement des déchets par incinération sur l’île principale des Fidji cristallise les tensions. Porté par un consortium d’entrepreneurs australiens, cette installation prévue près de la ville de Nadi, pôle touristique majeur, est présentée par ses promoteurs comme une solution pour produire de l’électricité et réduire l’enfouissement. Elle suscite cependant une opposition croissante parmi les populations locales et au sein des institutions.
Des villageois, représentés par le propriétaire foncier Inoke Tora, ont récemment remis une pétition aux autorités pour exprimer leurs craintes. Ils redoutent un impact sur la pêche et les écosystèmes côtiers, ainsi qu’une atteinte à l’image de destination écotouristique de l’archipel. Leurs inquiétudes ont trouvé un écho auprès de l’ambassadeur fidjien aux Nations unies, Filipo Tarakinikini, qui a publiquement mis en garde contre le risque de voir la côte se transformer en « cendrier du Pacifique ».
Le projet, évalué à plusieurs centaines de millions d’euros, prévoit de traiter jusqu’à neuf cent mille tonnes de déchets non recyclables par an. Ses promoteurs mettent en avant la possibilité de couvrir une part significative des besoins électriques du pays et de diminuer sa dépendance au diesel. Toutefois, l’étude d’impact environnemental commanditée par la société porteuse reconnaît qu’il entraînerait une hausse notable des émissions de gaz à effet de serre du pays.
L’opposition dénonce également la possibilité, évoquée dans les documents officiels, d’importer des déchets en provenance d’Australie et de la région. Cette perspective est qualifiée de « colonialisme des déchets » par le diplomate fidjien, qui estime qu’elle contreviendrait aux engagements internationaux. Les détracteurs du projet soulignent par ailleurs qu’un incinérateur similaire, porté par l’un des investisseurs, avait été rejeté par les autorités australiennes en 2018 pour des motifs sanitaires.
Face aux critiques, l’un des entrepreneurs concernés, Rob Cromb, a reconnu l’existence de « réelles préoccupations » concernant la sécurité environnementale et la transparence, assurant qu’elles seraient prises en compte. Il affirme que l’objectif principal est de traiter les déchets locaux et réfute l’idée d’un projet basé sur l’importation. Des réunions d’information ont été organisées avec les communautés, tandis que le gouvernement fidjien indique que le dossier est toujours à l’étude.
-
Faits DiversEn Ligne 6 joursLe Falcon 50 de l’affaire Air Cocaïne bientôt vendu aux enchères
-
SociétéEn Ligne 6 joursLe Conseil constitutionnel valide les sanctions financières pour non-respect de la parité
-
ÉconomieEn Ligne 6 joursLa flotte mahoraise à l’arrêt, paralysée par des normes inapplicables
-
SociétéEn Ligne 3 joursUn ancien conseiller municipal rend son matériel informatique… parfumé au fromage corse
-
Faits DiversEn Ligne 5 joursUn vol EasyJet contraint de délester cinq passagers avant le décollage
-
NewsEn Ligne 5 joursLa comédienne Nathalie Baye s’est éteinte à Paris
-
MondeEn Ligne 4 joursUn sous-officier du génie parachutiste tué au Liban
-
PlanèteEn Ligne 5 joursLa Guadeloupe et la Martinique se préparent à une invasion massive de sargasses