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Économie

Deliveroo et Uber Eats visées par une plainte pour traite d’êtres humains

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_**Des organisations de défense des livreurs ont engagé des poursuites pénales contre les deux géants de la livraison, dénonçant un système économique fondé sur l’exploitation d’une main-d’œuvre vulnérable. Une action de groupe est également envisagée pour discrimination.**_

Une procédure judiciaire d’une ampleur inédite a été initiée contre les plateformes Deliveroo et Uber Eats. Plusieurs associations de soutien aux coursiers ont déposé une plainte pénale pour des faits qualifiés de traite d’êtres humains. Les requérants estiment que le modèle économique de ces entreprises repose sur l’utilisation d’une main-d’œuvre en situation de grande précarité, souvent issue de l’immigration, et soumise à des conditions de travail jugées indignes pour des rémunérations minimales.

Les plaignants affirment avoir recueilli de nombreux témoignages à travers le territoire national. Ces éléments, selon eux, démontrent que les bénéfices substantiels des plateformes sont générés par l’exploitation de la vulnérabilité des travailleurs. Le secteur compte en France entre soixante-dix mille et cent mille livreurs, dont une très large majorité est née à l’étranger. Une récente enquête de terrain indique qu’une part significative d’entre eux exercerait cette activité sans titre de séjour régulier.

Les associations pointent des rémunérations dérisoires au regard des distances parcourues et du temps de travail engagé. Elles décrivent des livreurs contraints d’accepter toutes les missions proposées, dans une relation de dépendance totale vis-à-vis des applications. Les défenseurs des coursiers dénoncent également des pratiques discriminatoires, qu’elles soient liées à la fragilité économique des travailleurs ou intégrées au fonctionnement même des algorithmes de gestion et de tarification, opaques selon eux.

En réponse, Uber Eats a fait savoir, par voie de communiqué, que cette plainte, dont elle a pris connaissance par la presse, lui semblait dépourvue de tout fondement. De son côté, Deliveroo a vigoureusement contesté les accusations portées contre elle, rejetant fermement toute assimilation de son modèle à une situation d’exploitation ou de traite.

Parallèlement à la plainte pénale, les associations ont adressé une mise en demeure à Uber Eats, l’entreprise sur laquelle elles disent disposer du plus d’éléments. Elles exigent la cessation des pratiques qu’elles qualifient de discriminatoires, sous peine de lancer une action de groupe devant le tribunal judiciaire de Paris. Cette procédure civile, si elle aboutissait, pourrait créer une jurisprudence et permettre à un grand nombre de livreurs d’obtenir réparation.

Les organisations à l’origine de ces démarches regrettent que les multiples alertes et études publiées sur les conditions de travail dans le secteur de la livraison n’aient, selon elles, conduit à aucune évolution significative. Elles appellent de leurs vœux un encadrement réglementaire plus strict pour mettre fin à ce qu’elles perçoivent comme un sentiment d’impunité des plateformes.

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