Monde
Crise institutionnelle au Pérou après la rupture entre l’exécutif et ses ministres
Le gouvernement intérimaire de Lima est secoué par la démission des chefs de la diplomatie et de l’armée. Leur départ fait suite à un désaccord fondamental avec le président par intérim concernant un contrat d’armement majeur avec les États-Unis.
La stabilité politique péruvienne est de nouveau mise à l’épreuve à la suite de la démission conjointe des ministres des Affaires étrangères et de la Défense. Cette décision intervient dans un contexte de divergences profondes au sein de l’exécutif sur la poursuite d’un programme d’acquisition d’avions de chasse F-16 auprès des États-Unis. Le président par intérim, José Maria Balcazar, avait pourtant annoncé son intention de suspendre cet achat, estimant que la décision finale revenait à son successeur, qui sera élu en juin.
Malgré cette annonce, le ministère de l’Économie a procédé, dans la soirée de mercredi, au versement d’une première tranche de 462 millions de dollars au constructeur américain Lockheed Martin. Les deux ministres démissionnaires ont justifié leur départ par la nécessité de respecter les engagements contractuels de l’État, signés lundi précédent. Le chef de la diplomatie a notamment souligné les risques pour la crédibilité internationale du pays en cas de remise en cause unilatérale de l’accord.
De son côté, le président Balcazar a réaffirmé sa volonté de garantir une utilisation rigoureuse des fonds publics, en accord avec les priorités sociales nationales. Cette position entre en contradiction directe avec celle du ministère de l’Économie, pour qui le respect des contrats signés constitue une obligation intangible, sous peine de coûts financiers et d’une perte de réputation. L’ambassade des États-Unis à Lima a pour sa part confirmé la signature technique de l’accord, précisant que les plus hautes autorités péruviennes en avaient été pleinement informées.
Le contrat porte sur l’acquisition initiale de douze appareils, dont les livraisons sont prévues à partir de 2029. L’ambassadeur américain a indiqué qu’il s’agissait d’un processus engageant l’État péruvien sur le long terme, indépendamment des changements à sa tête. Cette crise éclate à quelques semaines du second tour de l’élection présidentielle, dans un pays marqué par une instabilité politique persistante. Le président intérimaire, dont le mandat s’achève fin juillet, est le huitième chef de l’État en une décennie.
Ce programme de modernisation des forces aériennes, évalué à 3,5 milliards de dollars pour 24 avions, avait été lancé fin 2024. La proposition américaine avait été retenue en février dernier, face à des concurrents européens. La flotte actuelle de combat du Pérou, vieillissante et composée en partie d’appareils d’origine russe et biélorusse, nécessite selon les experts un renouvellement urgent.
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