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La course à la tête de l’ONU place la quête de paix au cœur des débats

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_**À l’issue de leur audition publique, les quatre prétendants au poste de secrétaire général ont tous insisté sur la nécessité de redonner à l’organisation un rôle central dans la résolution des conflits, tout en maniant une prudence diplomatique de rigueur.**_

Les quatre personnalités en lice pour diriger les Nations unies à partir de janvier 2027 ont présenté leur vision cette semaine devant les représentants des États membres. L’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, le directeur général de l’AIEA Rafael Grossi, l’économiste costaricienne Rebeca Grynspan et l’ancien chef de l’État sénégalais Macky Sall ont chacun consacré plusieurs heures à répondre aux questions. Le fil conducteur de leurs interventions a été la volonté affichée de replacer l’institution multilatérale au centre des efforts internationaux pour la stabilité mondiale.

Ce exercice de transparence, instauré il y a près d’une décennie, conserve cependant une portée relative. Le processus de sélection final demeure l’apanage du Conseil de sécurité, où les cinq membres permanents disposent d’un droit de veto. Les observateurs notent que les déclarations des candidats sont restées mesurées, évitant soigneusement des prises de position trop tranchées sur des crises géopolitiques spécifiques qui pourraient mécontenter certaines capitales influentes. Les débats au sein du Conseil devraient s’engager sérieusement à partir de la fin juillet, pour une désignation probable à l’automne.

Malgré cette retenue de circonstance, des nuances sont apparues. Les prétendants ont unanimement souligné l’impératif de restaurer la crédibilité d’une organisation dont les finances sont précaires et dont l’utilité est parfois contestée dans un contexte international marqué par de multiples tensions. Ils ont plaidé pour un secrétaire général plus actif et présent sur le terrain, capable de renouer avec une diplomatie proactive. Rebeca Grynspan a notamment appelé à une prise de risque accrue, estimant que l’institution échouait uniquement lorsqu’elle n’essayait pas.

La difficile équation consistait à concilier la défense des trois piliers traditionnels de l’ONU – paix, droits humains et développement – avec une attention particulière portée au premier d’entre eux, une priorité réaffirmée par certaines grandes puissances. Les questions directes sur des conflits comme celui au Moyen-Orient ou en Ukraine sont restées rares, et les réponses se sont souvent cantonnées à des principes généraux, comme le respect de la Charte des Nations unies. Certains candidats ont toutefois évoqué, avec prudence, la nécessité d’une aide humanitaire sans obstruction et d’une solution politique durable.

Au-delà des discours, les parcours et engagements passés des candidats pèseront inévitablement dans la balance des négociations discrètes. Des résistances politiques se sont déjà manifestées concernant certains profils. Par ailleurs, l’issue du processus reste ouverte. Des candidatures supplémentaires pourraient émerger dans les prochains mois, certains acteurs préférant attendre de voir comment évoluent les rapports de force entre les principales capitales avant de se déclarer.

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