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Culture

La romancière Virginie Despentes dénonce une « logique de prédation » au sein de l’édition

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L’écrivaine, figure majeure de la maison Grasset, a pris la parole pour soutenir le mouvement de contestation qui agite le groupe Hachette, en réaction au départ forcé de son directeur historique.

Dans un message vidéo diffusé ce mercredi, Virginie Despentes a exprimé son soutien aux quelque deux cents auteurs signataires d’une pétition protestant contre le licenciement d’Olivier Nora, à la tête de Grasset depuis plus de vingt-cinq ans. Pour la romancière, cette décision prise par la direction d’Hachette, filiale du groupe Bolloré, relève d’un mécanisme de prédation. Elle établit un parallèle entre cette forme d’abus de pouvoir dans le monde économique et les dynamiques observées dans d’autres sphères, soulignant qu’il s’agit dans les deux cas de déposséder autrui de son intégrité.

L’autrice a également répondu aux récentes déclarations de Vincent Bolloré, qui évoquait le « vacarme » d’une « petite caste ». Elle rejette fermement l’idée que les écrivains et leurs lecteurs formeraient un milieu social uniforme ou privilégié. La littérature, rappelle-t-elle, n’est pas l’apanage d’une classe et les librairies ne sauraient être considérées comme des commerces de luxe. Cette prise de position s’inscrit dans un contexte plus large de mobilisation au sein de la profession, où de nombreux auteurs réclament désormais la possibilité de retirer leurs droits de publication pour les soustraire à l’influence qu’ils jugent néfaste.

Virginie Despentes apporte ainsi son appui aux initiatives visant à permettre aux créateurs de reprendre le contrôle de leurs œuvres. Elle évoque explicitement la volonté de ne pas voir ses textes partager la même identité visuelle que des publications associées à des figures politiques d’extrême droite, dans une allusion transparente à l’éditeur Fayard, également propriété du groupe Hachette. Son intervention renforce un mouvement de fond qui questionne les rapports de force et l’indépendance éditoriale au sein d’un paysage de plus en plus concentré.

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