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La France présente sa feuille de route pour une sortie progressive des énergies fossiles

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À l’occasion de la conférence de Santa Marta, Paris a dévoilé un calendrier ambitieux visant à abandonner le charbon d’ici 2030, le pétrole d’ici 2045 et le gaz d’ici 2050. Une initiative saluée par les participants, qui y voient un modèle à suivre.

La délégation française a marqué les esprits lors de la conférence internationale de Santa Marta en Colombie, en présentant un document de 18 pages détaillant les étapes de sa transition énergétique. Ce plan prévoit l’arrêt total du charbon d’ici 2030, du pétrole d’ici 2045 et du gaz d’ici 2050 pour les usages énergétiques. Benoît Faraco, représentant de la France sur place, a souligné que son pays faisait partie des rares nations à avoir fixé des échéances précises pour sortir des énergies fossiles.

Ce document reprend les objectifs de neutralité carbone à l’horizon 2050, ainsi que des mesures concrètes déjà en vigueur. Parmi elles figurent l’interdiction des chaudières au gaz dans les constructions neuves à partir de fin 2026 et l’objectif que deux voitures neuves sur trois soient électriques d’ici 2030. Leo Roberts, analyste du centre de réflexion E3G présent à Santa Marta, a estimé que la France montrait la voie pour la fin des énergies fossiles à l’échelle d’une économie entière, une première à ses yeux.

Le Haut conseil pour le climat avait pourtant jugé en mars que ce calendrier méritait d’être renforcé politiquement et précisé secteur par secteur. Malgré ces réserves, le symbole d’une grande économie européenne adoptant une feuille de route claire a été largement salué par les ONG et les participants à la conférence.

Une cinquantaine de pays ont envoyé des émissaires à Santa Marta, ville portuaire d’où la Colombie exporte son charbon. Cette première conférence dédiée à la sortie des énergies fossiles a été convoquée en réaction aux difficultés des COP à approfondir cet objectif, pourtant acté en 2023 à Dubaï par près de 200 nations. Depuis, le contexte a changé, avec un retour en force des grands producteurs et consommateurs de combustibles fossiles, renforcés par les États-Unis de Donald Trump, qui estiment que le pétrole et le gaz ont encore de longues décennies devant eux.

La crise énergétique provoquée par les tensions au Moyen-Orient, la seconde depuis le conflit en Ukraine en 2022, a donné une nouvelle légitimité à la réunion de Santa Marta. Plusieurs ministres ont mis en avant les risques liés à la dépendance aux énergies fossiles, plutôt que de se focaliser uniquement sur les dangers climatiques. Le commissaire européen Wopke Hoekstra a déclaré que l’Europe perdait un demi-milliard d’euros chaque jour que dure cette guerre, ajoutant que la transition énergétique répondait désormais aussi à des impératifs commerciaux et d’indépendance.

La ministre colombienne de l’Environnement, Irene Velez Torres, a affirmé que le pétrole restait un facteur de déstabilisation des économies mondiales. Le président colombien Gustavo Petro s’est montré encore plus direct, déclarant aux délégués que les énergies fossiles menaient à la mort.

Des pays européens, de petits États du Pacifique, mais aussi le Nigeria, le Canada, l’Angola et le Brésil étaient représentés. En revanche, les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre, comme les États-Unis, la Chine et l’Inde, ainsi que les pays du Golfe, étaient absents.

Aucune décision contraignante ne sortira de Santa Marta. Les participants entendent toutefois s’unir pour envoyer un message fort au reste du monde et influencer la COP31, prévue en Turquie en novembre. Des scientifiques ont élaboré un menu de douze mesures, publié dimanche, pour guider concrètement les États, notamment l’arrêt de tout nouveau projet d’extraction ou d’infrastructures liées aux énergies fossiles.

Remplacer les voitures à essence, les chaudières au fioul et les usines à gaz par des équivalents fonctionnant à l’électricité bas carbone représente un effort financier colossal. Même les nations les plus déterminées, comme la Colombie, reconnaissent qu’il leur faudra encore des décennies pour y parvenir.

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