Politique
Marine Le Pen mise sur un duel avec le camp présidentiel pour 2027

À un an de l’élection présidentielle, la cheffe de file du Rassemblement national exprime sa préférence pour un affrontement face à la majorité sortante plutôt qu’avec la gauche radicale, estimant qu’un tel scénario renforcerait la légitimité de son projet.
Dans un entretien à l’AFP, Marine Le Pen a déclaré souhaiter un second tour l’opposant au « bloc central » lors de la prochaine présidentielle. Selon elle, une telle configuration offrirait « la force d’une élection de choix » et non d’un simple rejet, contrairement à un duel face à Jean-Luc Mélenchon. La dirigeante du Rassemblement national anticipe que le scrutin se jouera probablement entre son camp et la majorité présidentielle, à condition que cette dernière parvienne à s’unir derrière un candidat unique.
Marine Le Pen a notamment souligné les qualités d’Édouard Philippe, qu’elle perçoit comme un adversaire potentiel crédible. L’ancien Premier ministre, issu de la droite mais ayant servi sous la présidence d’Emmanuel Macron, bénéficierait selon elle d’une capacité à rassembler au-delà de son camp, y compris auprès d’un électorat de gauche. Elle a cependant posé une condition essentielle à ce scénario : que les forces du bloc central ne se présentent pas en ordre dispersé au premier tour.
Dans le cas contraire, la triple candidate à l’Élysée estime que Jean-Luc Mélenchon pourrait capitaliser sur un socle électoral plus solide que celui de la majorité. Elle insiste sur la nécessité d’un second tour qui soit un véritable choix politique et non un simple rejet de l’adversaire. Les projections des instituts de sondage confortent partiellement son analyse : si Jordan Bardella, potentiel candidat de rechange, l’emporterait largement face à Jean-Luc Mélenchon, les duels avec Édouard Philippe s’annoncent beaucoup plus serrés, que ce soit face à Marine Le Pen ou à son dauphin.
La question de la candidature du Rassemblement national reste toutefois suspendue à une décision judiciaire. La cour d’appel de Paris doit se prononcer le 7 juillet sur le cas de Marine Le Pen, qui pourrait être frappée d’inéligibilité ou contrainte au port d’un bracelet électronique. L’intéressée affirme qu’elle sera candidate si la justice ne l’en empêche pas, tout en reconnaissant qu’une incapacité à faire campagne équivaudrait à une mise à l’écart. Dans cette hypothèse, Jordan Bardella serait désigné pour la remplacer.

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