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Francis Kéré, le bâtisseur qui réinvente l’architecture durable aux quatre coins du monde

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L’architecte burkinabè, lauréat du prestigieux prix Pritzker, prouve que matériaux locaux et modernité peuvent s’allier pour construire des édifices respectueux de l’environnement et des cultures africaines.

Le nouveau Goethe-Institut de Dakar incarne à lui seul la philosophie de Francis Kéré. Des briques d’argile rouge d’Afrique de l’Ouest forment des murs ajourés qui laissent circuler l’air. Un baobab centenaire trône au cœur de la cour intérieure, rappelant la tradition des arbres à palabres où les communautés se réunissent pour échanger. L’ensemble du bâtiment s’articule autour de cet arbre emblématique, créant un lieu à la fois fonctionnel et ancré dans son territoire.

L’architecte de double nationalité burkinabè et allemande défend avec constance une approche bioclimatique qui tire parti des ressources locales. Il utilise des matériaux simples comme le sable, l’argile ou le bambou, et n’hésite pas à y ajouter de l’acier lorsque le projet l’exige. Son credo repose sur l’idée que des techniques de construction traditionnelles, bien pensées, peuvent rivaliser avec les standards internationaux.

Son parcours a débuté dans son village natal de Gando, au Burkina Faso. Faute d’infrastructures scolaires, il y a conçu une école primaire en argile rouge locale et en ciment. Les briques fabriquées sur place offraient une isolation thermique efficace, tandis qu’un toit surélevé protégeait l’ensemble des intempéries sans accumuler la chaleur. Ce premier projet a posé les fondations d’une carrière désormais internationale.

Aujourd’hui, le cabinet Kéré Architecture travaille sur des chantiers aussi divers que le futur musée d’art de Las Vegas ou la Bibliothèque des Savoirs à Rio de Janeiro. Au Bénin, l’Assemblée nationale en construction s’inspire de la forme de l’arbre à palabres. Dans son pays natal, l’architecte a achevé l’an dernier un mausolée dédié à Thomas Sankara, figure du panafricanisme, et continue de bâtir des écoles malgré un contexte sécuritaire difficile.

Francis Kéré regrette que l’argile et la terre soient encore perçues comme des matériaux réservés aux plus démunis. Il plaide pour une évolution des mentalités chez les décideurs et les concepteurs, afin que les techniques bioclimatiques s’intègrent pleinement dans les villes modernes. Un bâtiment bien conçu, affirme-t-il, peut réduire considérablement la consommation d’énergie tout en offrant un cadre de vie de qualité.

L’architecte confie sa surprise face à la diversité des projets qui lui sont confiés à travers le monde. Sa crainte principale serait de s’éloigner du continent africain, là où il a débuté sa carrière et où il estime que son travail reste le plus nécessaire.

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