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Politique

Un nouveau souffle pour le logement : Lecornu dévoile un plan mêlant construction, rénovation et décentralisation

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Le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté depuis Marseille un projet de loi ambitieux visant à relancer le secteur du logement, en misant sur la simplification administrative et la décentralisation.

Face à une crise du logement jugée prioritaire, le chef du gouvernement a détaillé une série de mesures destinées à accélérer la construction et à assouplir les règles encadrant les locations. Ce texte, qui devrait être examiné par le Parlement au cours de l’été, s’inscrit dans l’objectif de bâtir deux millions de nouveaux foyers d’ici 2030, soit une augmentation de cent mille unités par rapport au rythme actuel.

Le premier volet de cette réforme prévoit le lancement d’une troisième phase de renouvellement urbain pour la décennie 2030-2040. Ce programme, selon le ministre de la Ville et du Logement, se consacrera à l’ensemble des défis urbains et sociaux. L’Agence nationale pour la rénovation urbaine a salué cette initiative, tout comme l’Union sociale pour l’habitat, qui y voit une impulsion décisive pour une politique publique essentielle.

Le reste du dispositif législatif vise à simplifier les procédures, à encourager une production de logements plus rapide et mieux répartie sur le territoire, et à favoriser la rénovation. Une attention particulière est portée aux logements les plus énergivores, dits passoires thermiques. Pour éviter de réduire l’offre locative, le gouvernement propose de permettre leur relocation, à condition que le propriétaire s’engage à réaliser des travaux d’amélioration énergétique sous trois ans pour les maisons individuelles et cinq ans pour les appartements en copropriété. Cette mesure pourrait remettre sur le marché entre six cent cinquante mille et sept cent mille logements d’ici 2028. Actuellement, plus de quatre cent cinquante mille biens classés G sont déjà interdits à la location, et près de sept cent mille logements classés F devront être rénovés d’ici 2028.

Pour les logements sociaux, le gouvernement envisage un mécanisme permettant d’augmenter les loyers des nouveaux entrants en contrepartie des économies d’énergie réalisées. L’Union sociale pour l’habitat reste vigilante quant à l’absence de préjudice pour les demandeurs en attente. Par ailleurs, le dispositif fiscal d’incitation à l’investissement locatif sera élargi aux maisons individuelles anciennes, excluant toutefois les constructions neuves. Les avantages fiscaux seront conditionnés à la réalisation de travaux, avec un seuil d’investissement abaissé à vingt pour cent du prix d’achat, et une performance énergétique minimale de classe D.

Les professionnels du secteur, à l’image de la Fédération nationale de l’immobilier, perçoivent ces annonces comme un signal fort pour restaurer la confiance des investisseurs. Pour accélérer les chantiers, le gouvernement s’inspire des procédures dérogatoires utilisées lors des Jeux olympiques de Paris 2024, en créant des opérations d’intérêt local aux contraintes urbanistiques allégées.

En matière de décentralisation, le ministre souhaite confier aux collectivités la gestion des aides à la pierre et des subventions à la transition énergétique, comme MaPrimeRénov’. Les intercommunalités, jugées les plus proches des réalités locales, seront chargées d’accompagner les particuliers dans leurs travaux de rénovation. Enfin, les maires verraient leurs prérogatives renforcées dans l’attribution des logements sociaux, avec un droit de veto, une mesure qui suscite des craintes de dérives clientélistes.

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