Société
Frédéric Souillot, patron réformiste de Force ouvrière, rempile pour un nouveau mandat

Le secrétaire général du troisième syndicat français a été réélu avec plus de 98% des voix lors du 26e congrès de l’organisation, qui s’est tenu à Dijon.
Frédéric Souillot, figure réformiste du paysage syndical français, a obtenu un second mandat à la tête de Force ouvrière (FO). Le Comité confédéral national, instance parlementaire du syndicat, a plébiscité ce Bourguignon de 58 ans, ancien membre des forces spéciales, avec 98,06% des suffrages, comme l’a indiqué l’organisation samedi. Ce vote clôt un congrès de cinq jours marqué par des débats mesurés et une émotion palpable lors du retour de Cécile Kohler et Jacques Paris, deux militants libérés début avril après plus de trois années de détention en Iran.
La feuille de route adoptée pour la nouvelle équipe dirigeante met l’accent sur plusieurs priorités. Le développement de la syndicalisation chez les cadres, le rajeunissement des adhérents, le maintien d’une indépendance stricte vis-à-vis des partis politiques à l’approche de la présidentielle de 2027, ainsi que la défense des services publics figurent parmi les axes principaux. Dans son discours, le leader a suscité des réactions contrastées en plaidant pour un financement équilibré entre l’hôpital public et les dépenses de défense, provoquant à la fois des applaudissements et des huées dans l’assistance.
Certains délégués ont exprimé des réserves sur la visibilité médiatique de Frédéric Souillot et son soutien aux militants condamnés ou aux victimes de violences sexuelles. Des critiques ont également porté sur sa manière de s’exprimer, jugée peu claire par quelques-uns. Le secrétaire général, qui a débuté sa carrière comme ouvrier après un CAP de pâtissier-confiseur-chocolatier, a répondu avec retenue à ces attaques, évoquant avec pudeur une stratégie passée consistant à jouer la naïveté face à ceux qui le sous-estimaient.
L’ancienne Première ministre Élisabeth Borne a salué un parcours remarquable et un partenaire loyal, tandis que son successeur Sébastien Lecornu entretient des échanges réguliers avec le leader syndical. Malgré ces relations professionnelles, Frédéric Souillot reste discret sur ses opinions politiques, se contentant de rappeler les valeurs fondamentales de FO. Il a réaffirmé avec force son attachement à l’antifascisme, à la démocratie, à la République et au rejet de toutes les formes de discrimination, sous les applaudissements des délégués dijonnais.
À un an de l’élection présidentielle, le dirigeant syndical refuse de se prononcer en faveur d’un parti particulier. Il entend promouvoir un agenda social autonome axé sur le modèle productif et la protection sociale collective. Interrogé sur ses ambitions après 2030, l’ancien militaire du 13e régiment de dragons parachutistes, dont la devise était « Encore plus loin », affirme ne pas envisager un troisième mandat et concentrer toute son énergie sur le développement de Force ouvrière.

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