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Politique

Macron à Athènes : l’Europe sommée de s’affirmer face à trois grandes puissances hostiles

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Le président français a appelé les Européens à un sursaut politique et stratégique, estimant que Washington, Moscou et Pékin partagent une même opposition au Vieux Continent.

Emmanuel Macron a prononcé un discours ferme depuis Athènes, vendredi soir, en exhortant l’Union européenne à se hisser au rang de puissance géopolitique. Il a décrit une conjoncture inédite où les dirigeants américain, russe et chinois seraient, selon lui, résolument hostiles aux intérêts européens. Ce constat a servi de point d’appui à son appel à une mobilisation collective.

Le chef de l’État français effectue une visite de deux jours en Grèce, destinée à consolider un partenariat de défense déjà solide avec ce pays, allié naval de premier plan à l’heure où la liberté de circulation maritime est menacée dans le golfe Persique. Cette séquence athénienne a valeur de symbole. C’est en effet depuis la colline de la Pnyx, en septembre 2017, que le président avait livré son premier grand discours sur la souveraineté européenne. Il a renoué avec ce thème en débattant avec le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, cette fois à l’Agora romaine, autre lieu chargé d’histoire.

L’entourage du président a souligné la portée symbolique de ce retour, alors que son second mandat touche à sa fin. L’objectif affiché est de démontrer la cohérence d’une ligne politique tenue depuis neuf ans, face à des crises multiples : pandémie, tensions commerciales, conflits en Ukraine et au Proche-Orient. Emmanuel Macron a estimé que l’heure était venue pour les Européens de se réveiller, face à un trio de dirigeants qu’il juge résolument opposé à leur continent.

Il a toutefois nuancé son propos en rappelant que le président américain demeure un allié, bien que son comportement soit parfois jugé peu fiable ou imprévisible. À l’inverse, a-t-il insisté, l’Union européenne incarne la fiabilité et la prévisibilité, mais doit désormais se muer en une véritable puissance politique et stratégique.

Kyriakos Mitsotakis, de son côté, a mis en avant la clause de défense mutuelle prévue par les traités européens. Il a évoqué le déploiement récent de navires de guerre français et grecs près de Chypre, après qu’une base britannique y a été visée par des tirs. Ce dispositif, a-t-il souligné, illustre une dimension européenne qui ne se limite pas à l’Otan.

Samedi, les deux dirigeants doivent aborder la situation au Moyen-Orient ainsi que le double blocus du détroit d’Ormuz, imposé par l’Iran et les États-Unis. La Grèce, forte d’une des premières flottes marchandes mondiales, accueille le quartier général de l’opération navale européenne Aspides en mer Rouge. Le président français s’en inspire pour préparer une future mission internationale de sécurisation du détroit d’Ormuz, qui serait confiée à des pays non belligérants une fois la stabilité rétablie.

Paris et Athènes doivent également entériner la prolongation de leur partenariat stratégique dans le domaine de la défense, conclu en 2021 et désormais reconductible tacitement. Dans ce cadre, la Grèce a commandé à la France vingt-quatre avions de combat Rafale et trois frégates Belharra, pour un montant total supérieur à 5,5 milliards d’euros. Une quatrième frégate a été ajoutée l’an dernier. Les deux dirigeants visiteront samedi matin le Kimon, premier de ces bâtiments livré.

La Grèce figure parmi les quatre pays de l’Alliance atlantique consacrant plus de 3 % de leur produit intérieur brut à la défense, après la Pologne, l’Estonie et la Lettonie. Les tensions persistantes avec la Turquie expliquent en partie cette priorité budgétaire. Enfin, Kyriakos Mitsotakis et Emmanuel Macron doivent signer un nouveau partenariat stratégique global, visant à renforcer la coopération économique et dans le domaine de l’innovation.

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