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Société

La démocratie à ciel ouvert d’Appenzell Rhodes-Intérieures perpétue un rituel politique unique

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Chaque dernier dimanche d’avril, le canton suisse d’Appenzell Rhodes-Intérieures renoue avec une tradition séculaire de vote à main levée, rassemblant plusieurs milliers de citoyens sur la place principale de son chef-lieu.

Ce 26 avril, sous un soleil éclatant, les habitants de ce petit territoire alémanique d’environ 17 000 âmes se sont réunis devant les façades colorées de la ville d’Appenzell pour élire leurs dirigeants et juges locaux. La cérémonie, connue sous le nom de Landsgemeinde ou Assemblée en plein air, remonte au XVe siècle et demeure l’un des derniers vestiges de démocratie directe de ce type en Suisse. Après un office religieux à l’église paroissiale, les édiles et magistrats ont entamé une marche solennelle vers le lieu du scrutin, suivis par des milliers de votants serrés dans un espace réservé, debout pour la plupart.

Pendant plusieurs heures, les participants ont tranché à main levée les questions soumises à leur approbation, notamment une révision de la loi sur la police visant à renforcer ses prérogatives et un projet relatif aux pistes cyclables, tous deux adoptés. Ils ont également élu leur gouvernement, certains juges et fonctionnaires, sous le regard de nombreux touristes et curieux. Ce mode de vote, bien que non secret, conserve l’adhésion de la majorité. Angela Koller, avocate centriste de 42 ans, première femme élue Landammann l’année précédente et réélue ce dimanche, a souligné l’importance de la tolérance et du respect mutuel au sein de la population, évoquant une culture où les opinions divergentes sont acceptées. Elle partagera ses fonctions avec Pius Federer, nouvel élu sans étiquette.

Appenzell Rhodes-Intérieures et le canton de Glaris sont les deux seules entités helvétiques à perpétuer cette pratique annuelle de démocratie directe. Martin Pfister, conseiller fédéral et ministre de la Défense, présent comme invité d’honneur, a salué cette tradition qui, selon lui, incarne l’esprit démocratique et revêt une importance particulière pour les résidents. Une électrice de 31 ans, Ursulina, a quant à elle apprécié la possibilité d’accéder directement à la parole et d’échanger des arguments sans filtre.

Cette coutume trouve ses origines en 1403, époque où seuls les hommes aptes à défendre leur communauté pouvaient voter. Dimanche encore, une large majorité d’entre eux portait l’épée, symbole de cet héritage. Les femmes, elles, n’ont obtenu le droit de participer à cette assemblée qu’en 1991, soit plus de vingt ans après l’octroi du droit de vote aux élections fédérales suisses.

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