Nous rejoindre sur les réseaux

Économie

L’étau se desserre autour de la Réserve fédérale

Article

le

L’abandon des poursuites visant le président sortant de la Fed, Jerome Powell, lève un obstacle majeur à la confirmation de son successeur désigné, Kevin Warsh, et apaise les craintes d’une ingérence politique dans la banque centrale américaine.

La procureure fédérale de Washington, Jeanine Pirro, a officiellement mis un terme aux poursuites engagées contre Jerome Powell, une décision annoncée sur le réseau social X. L’enquête, ouverte en janvier, portait sur des dépassements de coûts dans le cadre de la rénovation du siège de la Réserve fédérale. Mais cette action en justice était largement perçue, y compris au sein du parti républicain, comme une manœuvre de représailles de la part de Donald Trump, irrité par le maintien de taux d’intérêt jugés trop élevés.

Cette affaire s’inscrivait dans un contexte de tensions accrues autour de l’indépendance de la Fed. Une procédure similaire avait été lancée quelques mois plus tôt contre Lisa Cook, une autre membre du conseil des gouverneurs. Pour de nombreux observateurs, ces actions en justice constituaient une tentative de saper l’autonomie de l’institution monétaire.

Dans sa déclaration, Jeanine Pirro a justifié sa décision en expliquant que l’Inspecteur général de la Fed avait été mandaté pour enquêter sur les surcoûts liés aux travaux. Cette nouvelle donne permet de transférer le dossier vers l’instance de contrôle interne de la banque centrale, un organe dédié à la surveillance de ses activités quotidiennes. L’abandon des poursuites contre Jerome Powell ouvre ainsi la voie à un examen accéléré de la nomination de Kevin Warsh par le Sénat, alors que le mandat de l’actuel président expire à la mi-mai.

Un porte-parole de la Maison Blanche a exprimé sa confiance dans une confirmation rapide de Kevin Warsh, tandis que la sénatrice démocrate Elizabeth Warren a dénoncé une manœuvre visant à faire approuver ce qu’elle appelle la « marionnette du président Trump ». Le sénateur républicain Thom Tillis, qui conditionnait son vote à la résolution de cette affaire, a jusqu’ici bloqué la nomination. Sa position est cruciale, la majorité présidentielle étant étroite au Sénat et un seul vote dissident suffisant pour faire échouer la candidature.

Lors d’une audition au Sénat, M. Tillis avait souligné que les compétences de Kevin Warsh, ancien gouverneur de la Fed, n’étaient pas remises en cause, mais que la procédure judiciaire elle-même posait problème. La porte-parole de la Maison Blanche a appelé le sénateur à agir rapidement, estimant que l’économie du pays ne devait pas être prise en otage par des désaccords avec le ministère de la Justice. En attendant sa confirmation, Jerome Powell demeure en fonction et présidera cette semaine ce qui pourrait être sa dernière réunion du Comité de politique monétaire, dans un contexte de remontée des prix liée aux tensions au Moyen-Orient. Les marchés n’anticipent pas de baisse des taux, actuellement compris entre 3,50% et 3,75%, une telle décision n’étant pas attendue avant la fin de l’année.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus