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Emmanuel Macron amorce une sortie de scène politique sans fermer la porte à un retour

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Le chef de l’État a indiqué qu’il ne ferait pas de politique après son mandat, une déclaration qui intervient alors que la campagne présidentielle s’engage et que son camp cherche à préserver son héritage.

En marge d’un échange avec des lycéens à Chypre, le président de la République a glissé une confidence qui a valeur de constat. « Je n’ai pas fait de politique avant et je n’en ferai pas après » a-t-il lancé, prenant acte de son départ prochain de la vie publique alors que la course à l’Élysée s’accélère. Cette petite phrase, prononcée sans artifice, marque une étape dans la transition qui s’annonce, sans pour autant exclure un retour ultérieur sur la scène nationale.

La campagne a déjà pris son envol, avec des candidats qui multiplient les apparitions médiatiques. Un spécialiste en communication politique relève que le moment est bien choisi pour le président, qui voit son influence diminuer. Il lui faut désormais construire un récit de sortie, en laissant planer le mystère sur son avenir. Emmanuel Macron a également confié que le plus difficile, après neuf années au pouvoir, était de défendre son bilan tout en reconnaissant ses échecs.

Depuis plusieurs semaines, le chef de l’État tisse les fils de son héritage, tandis que dans son propre camp, les successeurs potentiels tentent de se démarquer d’une popularité en berne. Il mise sur l’idée qu’une fois hors du jeu politique, il retrouvera une forme de considération, à l’image de Jacques Chirac après son départ. Un proche estime qu’un changement de regard s’opérera naturellement, lorsque le président ne sera plus perçu comme un acteur partisan.

Sur la scène internationale, Emmanuel Macron continue de s’imposer face à Donald Trump et ses positions controversées. Il n’hésite plus à critiquer ouvertement son homologue américain, devenu un repoussoir pour une partie de l’Europe. Lors d’un déplacement en Pologne, il a ainsi justifié son absence de contact avec le président américain par l’absence de nécessité. Le forum de Davos, en janvier, a cristallisé cette posture, avec une défense affirmée des démocraties européennes et des accents gaulliens.

L’image du président portant des lunettes de soleil pour des raisons médicales et répétant « For sure » lors de son intervention a largement circulé sur les réseaux sociaux. Ce moment a contribué à asseoir une figure à la fois décontractée et déterminée. Rien n’est encore écrit pour la suite. Ne pas faire de politique ne signifie pas se retirer complètement, précise un spécialiste. Certains voient déjà le chef de l’État prendre la tête du Fonds monétaire international ou de la Commission européenne, compte tenu de son intérêt pour ces institutions.

Un cadre de son camp imagine même un retour en 2032, après une parenthèse consacrée à des projets personnels. En attendant, le président ne se désintéresse pas des sujets qui le passionnent, comme la réindustrialisation, l’intelligence artificielle ou l’industrie de défense. Il laisse le Premier ministre gérer le reste et ne s’embarrasse pas des détails. Il devrait également laisser les coudées franches au candidat de son camp, à condition que son bilan soit respecté. Un membre du gouvernement résume la situation en ces termes : attention, il y a un héritage et vous devrez le porter. Il ne faut surtout pas donner l’impression de vouloir être candidat par procuration, mais cela n’empêche pas d’exister face au Rassemblement national, donné favori dans les sondages.

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