Planète
Francis Kéré, le bâtisseur qui réinvente l’architecture durable aux quatre coins du monde
L’architecte burkinabè, seul lauréat africain du prestigieux prix Pritzker, continue d’exporter sa vision d’une construction respectueuse de l’environnement et des traditions locales, du Sénégal au Brésil en passant par les États-Unis.
Le dernier projet de Francis Kéré à Dakar illustre parfaitement sa philosophie. Les murs du Goethe-Institut, centre culturel allemand récemment inauguré dans la capitale sénégalaise, sont constitués de briques en argile rouge issues de la région ouest-africaine. Leur disposition en motifs perforés assure une ventilation naturelle qui réduit considérablement les besoins en climatisation. Au cœur de l’édifice, un baobab centenaire structure l’ensemble des espaces, rappelant la tradition des arbres à palabres où les communautés se réunissaient pour échanger.
L’architecte de double nationalité burkinabè et allemande a bâti sa réputation sur l’utilisation de matériaux simples et locaux. Son premier chantier, une école primaire dans son village natal de Gando au Burkina Faso, reposait déjà sur ces principes. Les briques d’argile mêlées à un peu de ciment offraient une protection thermique efficace, tandis que le toit surélevé protégeait l’ensemble des intempéries sans accumuler la chaleur.
Plus de vingt années plus tard, ces mêmes concepts se retrouvent dans des projets d’une tout autre envergure. Kéré Architecture travaille actuellement sur le futur bâtiment de l’Assemblée nationale du Bénin, dont la silhouette s’inspire de l’arbre à palabres. Au Burkina Faso, l’agence a livré l’an passé un mausolée dédié à Thomas Sankara, figure emblématique du panafricanisme, et continue de construire des écoles malgré un contexte sécuritaire difficile marqué par les violences jihadistes.
L’architecte regrette que les matériaux comme l’argile soient encore trop souvent associés à une architecture destinée aux plus démunis. Il estime que les techniques bioclimatiques pourraient être largement intégrées au tissu urbain si les décideurs politiques et les concepteurs s’en emparent. Pour lui, il est urgent de repenser la manière dont les villes sont construites afin de réduire la consommation énergétique.
Son cabinet étend désormais son influence bien au-delà du continent africain. À Las Vegas, Kéré conçoit un futur musée d’art qui utilisera des ressources disponibles localement. Au Brésil, il planche sur une bibliothèque et un centre culturel destinés à devenir un temple du savoir. Ces projets internationaux ne l’éloignent pas pour autant de ses racines. L’architecte confie que sa plus grande crainte serait de s’éloigner de l’Afrique, où sa carrière a débuté et où il estime que son travail reste le plus nécessaire.
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