Société
Bernard Cazeneuve, l’homme qui veut rassembler la gauche modérée
L’ancien Premier ministre peaufine son dispositif en vue de 2027, fort d’un projet déjà finalisé et d’un mouvement structuré. Il se pose en rempart contre le Rassemblement national.
À pas mesurés mais avec une constance qui ne trompe pas, Bernard Cazeneuve affine sa stratégie pour la prochaine élection présidentielle. L’ancien chef du gouvernement, qui a quitté le Parti socialiste en 2022 pour fonder son propre mouvement, La Convention, estime aujourd’hui disposer de tous les outils nécessaires à une candidature crédible. Un programme rédigé, une organisation rodée et une association de financement déjà opérationnelle sont autant de signes qui ne trompent pas sur ses intentions. « J’ai compris qu’il fallait être prêt », a-t-il confié récemment, ajoutant ne voir aucune raison de ne pas se préparer lui-même.
Son ambition s’inscrit dans un paysage social-démocrate déjà encombré. Raphaël Glucksmann, François Hollande, Olivier Faure, Boris Vallaud ou encore Jérôme Guedj figurent parmi les nombreux prétendants à une candidature de centre gauche. Bernard Cazeneuve revendique pourtant une singularité : celle d’avoir su fédérer autour de lui des personnalités venues du PS, du MoDem, d’anciens macronistes, des membres du Parti radical de gauche ou encore des députés du groupe indépendant Liot. « Qui d’autre est parvenu à agréger autant de parlementaires de sensibilités différentes ? », interroge-t-il, en insistant sur sa volonté de constituer un pôle social-démocrate cohérent.
Il prend soin de se démarquer d’Emmanuel Macron, dont il critique la double appartenance idéologique. « Je ne suis pas de gauche et de droite en même temps. J’ai les deux pieds dans la gauche républicaine », affirme-t-il. Son mouvement revendique aujourd’hui 15 000 membres, dont des maires et des élus locaux, ainsi qu’une trentaine de parlementaires. Un comité politique et un porte-parolat viennent d’être installés pour encadrer cette structure naissante.
Le projet politique, élaboré avec l’aide de 150 experts, est selon lui « totalement prêt » et sera dévoilé dans les semaines à venir. Bernard Cazeneuve ne cache pas son intention de peser sur le scrutin pour faire barrage au Rassemblement national. « Ma détermination est pour le pays, pas pour moi », insiste-t-il, en plaidant pour une ligne claire, capable de rassembler au-delà de son propre camp. Il prône une autorité de l’État respectueuse des principes de l’État de droit, et une réconciliation entre efficacité économique et justice sociale.
L’ancien Premier ministre regrette toutefois que ses appels à l’unité du camp social-démocrate n’aient pas été entendus. En novembre dernier, il avait réuni à Pontoise Raphaël Glucksmann et François Hollande. Une rencontre sans lendemain. « J’ai tout fait pour qu’une solution collective émerge. Ils ne l’ont pas souhaité. Les calculs et les arrière-pensées étaient partout », déplore-t-il. Depuis, Glucksmann s’est rapproché de Boris Vallaud et de Yannick Jadot pour proposer une « plateforme commune » face au RN, sans inviter ni Cazeneuve ni Hollande. « Si on veut rassembler, il faut parler avec tout le monde et ne pas excommunier », regrette-t-il.
Interrogé sur la manière dont les candidats pourront se départager, il répond avec un sourire que « Darwin va faire son travail dans les semaines qui viennent ». Une manière élégante de laisser entendre que la sélection naturelle du jeu politique finira par trancher.
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