Économie
La gauche française s’empare du concept de « démarchandisation » pour la présidentielle de 2027


Le chef des députés socialistes, Boris Vallaud, entend imposer un nouveau thème dans le débat politique en proposant de soustraire certains biens et services essentiels à la logique du marché.
Le député des Landes publie un ouvrage intitulé « Nos vies ne sont pas des marchandises », dans lequel il développe une idée déjà esquissée lors du dernier congrès de son parti. Selon lui, la société contemporaine a transformé l’existence en un vaste espace commercial où tout s’achète et se vend, de la naissance à la mort. L’eau, la terre, la santé, l’éducation, la culture, le sport ou encore les services publics sont concernés, tout comme le temps libre, les données personnelles et l’intimité.
Pour Boris Vallaud, la gauche doit se doter d’un mot d’ordre fédérateur, et la démarchandisation peut remplir ce rôle. Il estime que les instruments traditionnels de la social-démocratie ont montré leurs limites et qu’il est désormais nécessaire de fixer des bornes au marché, voire d’en exclure certains domaines relevant de la vie quotidienne. Il précise toutefois que cette approche ne constitue ni un retour à un étatisme centralisé ni une nostalgie de l’économie administrée. L’objectif n’est pas d’abolir le marché, mais de le cantonner à sa juste place.
L’élu cite des exemples concrets de démarchandisation déjà mis en œuvre avec succès, comme la création de régies publiques de l’eau dans plusieurs communes, le développement d’Ehpad et de crèches publics ou associatifs, la gestion funéraire publique ou encore la politique du logement menée à Vienne, en Autriche. Interrogé sur le coût budgétaire d’un tel projet, il répond que confier au marché la détermination de la valeur des choses revient à ensevelir les besoins essentiels sous des besoins artificiels.
Boris Vallaud présente sa démarche comme un projet de reconquête de ce qui est indispensable à la vie, qu’il nomme un « socialisme de la vie », c’est-à-dire une reprise en main de l’existence par les citoyens. L’idée a suscité l’intérêt de Jean-Luc Mélenchon, qui a proposé un débat public. Le socialiste n’a pas décliné l’invitation, mais a souhaité qu’il se tienne dans un lieu neutre, refusant de se rendre à l’institut La Boétie, qu’il qualifie d’église de la bonne parole du leader insoumis. Cette proposition a depuis été retirée par le principal intéressé.





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