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Katmandou rase les bidonvilles de ses berges

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Les autorités népalaises ont lancé une vaste opération de démolition des habitations précaires installées le long des cours d’eau de la capitale, provoquant l’inquiétude des défenseurs des droits humains.

Le gouvernement népalais a ordonné samedi la destruction des quartiers informels qui abritent plusieurs milliers de résidents sur les rives de la Bagmati et de ses affluents, dans la vallée de Katmandou. Ces familles, souvent installées depuis des décennies, occupaient des cabanes de bois et de tôle, formant des ensembles précaires le long des berges.

Une opération d’envergure a été déployée dès l’aube, avec des bulldozers et un important contingent de forces de l’ordre, sous l’impulsion du nouveau Premier ministre Balendra Shah. Selon le chef de la police de Katmandou, Bishnu Prasad Joshi, des avis d’évacuation avaient été émis en amont pour permettre aux occupants de quitter les lieux avant le début des travaux. Les autorités ont indiqué être prêtes à apporter une aide aux personnes démunies.

Le départ s’est effectué sans incident notable. Les habitants ont chargé leurs biens dans des camionnettes et des sacs, quittant des lieux qu’ils considéraient comme leur foyer. Puspa Kaasai, une femme de 65 ans, a exprimé son désarroi face à cette situation, ne sachant où se réfugier après avoir vécu trente ans dans ce quartier.

Le Premier ministre a justifié cette mesure sur les réseaux sociaux, affirmant la nécessité de ne pas laisser des citoyens vivre dans des zones exposées aux inondations et à l’insalubrité. Il a évoqué la volonté de remédier à l’engorgement des rivières par les déchets, rappelant que la région de Katmandou avait subi des inondations meurtrières en septembre 2024. Selon lui, les véritables occupants illégaux se verront attribuer des terres.

Cette politique a suscité de vives critiques de la part d’Amnesty International. L’organisation a dénoncé des expulsions forcées qu’elle qualifie de dangereux recul de l’État de droit et d’une dérive autoritaire. Nirajan Thapaliya, directeur d’Amnesty International Népal, a estimé que déloger des familles sans vérification préalable, sans concertation sérieuse ni solution de relogement, transforme un défi de gouvernance en une crise des droits humains évitable.

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