Société
Un rover quantique ausculte le sous-sol de Reims pour tester une nouvelle méthode de détection archéologique
Un engin équipé d’un gravimètre quantique a sillonné un parking rémois cette semaine pour repérer d’anciens vestiges médiévaux, dans le cadre d’une première application de cette technologie à l’archéologie.
Sur un parking de Reims, un petit rover à quatre roues équipé d’un capteur quantique a parcouru méthodiquement le bitume vendredi dernier, à la recherche de structures médiévales enfouies. Ce test, mené pour la première fois dans un contexte archéologique, repose sur un gravimètre différentiel quantique capable de mesurer les infimes variations de la gravité terrestre. En pratique, l’appareil analyse ces variations à l’aide de nuages d’atomes en chute libre, sans aucune intervention dans le sol.
Camille Janvier, physicien doctorant chez Exail, entreprise française à l’origine du développement du capteur, souligne le caractère non invasif de la méthode. Selon lui, l’appareil se contente de détecter les cavités souterraines par leur influence sur la masse du sol, sans qu’il soit nécessaire d’y envoyer un signal. Cette innovation s’inscrit dans le cadre du projet européen FIQUgs, qui réunit dix partenaires issus de sept pays, et dont Exail assure la coordination.
Le site de Reims a été choisi pour cette expérimentation grandeur nature en raison de son intérêt archéologique avéré. En 2019, le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM), membre du consortium, y avait déjà identifié des vestiges médiévaux tels que des remparts, des fossés et des portes. Thomas Jacob, ingénieur géophysicien au BRGM, précise que le site étant déjà connu, les données recueillies cette semaine pourront être comparées à celles de 2019 afin de valider la fiabilité de la technologie. Deux autres tests, sur des sols aux caractéristiques différentes, sont prévus d’ici septembre aux Pays-Bas et dans la Nièvre.
Si l’archéologie a connu une véritable révolution ces dernières années avec l’essor du Lidar, cette méthode de télédétection par laser se limite à la mesure des surfaces réfléchissantes et ne peut sonder ce qui se trouve sous la terre. Le capteur quantique d’Exail, déjà utilisé en volcanologie et en hydrologie de manière statique, ouvre de nouvelles perspectives en étant embarqué sur un rover. Au-delà de l’archéologie, cette mobilité pourrait trouver des applications dans le génie civil et le secteur du bâtiment et des travaux publics.
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