Faits Divers
Interpol affine ses outils d’analyse ADN pour débusquer les criminels


L’organisation internationale de police criminelle dévoile une technique inédite qui autorise la comparaison de profils génétiques à partir d’un nombre réduit de marqueurs, ouvrant des perspectives inespérées dans les enquêtes les plus complexes.
Interpol a dévoilé vendredi une avancée majeure dans le domaine de l’identification criminelle. La méthode repose sur une réduction du seuil de marqueurs génétiques nécessaires à une comparaison, passant de six à trois. Cette approche statistique plus sophistiquée permet de déceler automatiquement des correspondances jusqu’alors ignorées en raison de traces trop fragmentaires ou altérées. L’organisation lyonnaise souligne qu’il s’agit d’un système nettement plus performant pour orienter les investigations.
Dans le cadre d’affaires criminelles, cette innovation pourrait susciter l’émergence de pistes inédites ou relancer des dossiers classés sans suite. Validée par un collège d’experts internationaux avant sa publication dans la revue scientifique Genes, la technique est désormais accessible aux services d’enquête des 196 États membres. Le docteur en génétique François-Xavier Laurent, responsable des bases ADN d’Interpol et directeur de l’étude menée en partenariat avec la société néerlandaise SMART Research BV, précise que cette avancée modifie en profondeur les pratiques établies.
Depuis l’introduction de l’ADN comme outil probatoire au milieu des années 1980, les critères de comparaison demeuraient stricts, exigeant au moins six marqueurs pour valider une correspondance. Cette rigueur limitait les possibilités face à des prélèvements dégradés. La nouvelle méthode mathématique automatisée, en abaissant ce seuil, permet de cibler des suspects potentiels qui seraient autrement restés dans l’ombre. Il revient ensuite aux enquêteurs, grâce à d’autres moyens d’investigation, de confirmer ou d’infirmer leur implication.
Cette approche offre un filtrage plus rapide, éliminant les éléments sans intérêt tout en retenant ceux qui, auparavant rejetés, pourraient se révéler porteurs de promesses. Un exemple emblématique illustre son potentiel. Dans l’affaire des disparues de la gare de Perpignan, où trois jeunes femmes furent victimes de viols et de mutilations atroces entre 1995 et 2001, une trace ADN partielle et dégradée avait été prélevée sur la chaussure de l’une d’elles. Avec seulement trois marqueurs, cet échantillon ne répondait pas aux exigences françaises pour une recherche automatisée. Dix-sept ans plus tard, des enquêteurs décidèrent de contourner les limites du système pour effectuer une recherche manuelle hors norme. Cette démarche aboutit à une correspondance extrêmement rare, permettant l’arrestation de Jacques Rançon, condamné depuis à la réclusion criminelle à perpétuité.





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