Société
La gauche au plus bas dans les villes moyennes, selon une étude


Un travail de la Fondation Jean Jaurès révèle que les forces socialistes et leurs alliés n’ont jamais été aussi faibles dans les cités de taille intermédiaire depuis la création du Parti socialiste en 1969.
L’analyse des scrutins municipaux de 2026 dans 140 communes de plus de 15 000 habitants, appartenant à des unités urbaines de 20 000 à 100 000 résidents, dresse un constat sévère pour la gauche. Alors que l’élection de 2020 avait semblé lui redonner une certaine vigueur, elle enregistre aujourd’hui son plus mauvais score historique. Les chercheurs notent que ni La France insoumise ni Les Écologistes ne parviennent à compenser ce recul dans ces territoires.
Les pertes sont tangibles. Des bastions détenus sans interruption depuis les années 1970, comme Aurillac, Le Creusot, Cherbourg-en-Cotentin ou Tulle, fief de l’ancien président François Hollande, sont passés dans d’autres mains. Des villes conquises en 2020, à l’image de Millau ou Périgueux, échappent également à la gauche. Même dans les cas où elle l’emporte, comme à Abbeville ou Bergerac, la victoire doit beaucoup aux divisions de ses adversaires.
La dynamique est implacable. En 2008, la gauche contrôlait 66 villes moyennes sur les 140 étudiées. Elle n’en détient plus que 24 aujourd’hui. De son côté, la droite conforte sa position dominante dans ces communes, même si elle subit quelques revers, notamment face à l’extrême droite. Cette progression s’explique en partie par des reclassements politiques, certains élus centristes étant désormais comptés dans les rangs de la droite. Toutefois, cette hégémonie ne profite pas exclusivement aux Républicains, une large partie des maires concernés appartenant à Horizons, à l’UDI ou à la divers droite.
L’extrême droite, quant à elle, conserve ses trois municipalités gagnées en 2020 et en ajoute six nouvelles. Elle étend son influence dans le sud-est et le sud-ouest avec des succès notables à Montauban et Carcassonne, et s’implante dans des zones où elle était jusqu’alors absente, comme le centre de la France. Le cas de Vierzon, passée d’une gestion communiste à une direction classée divers extrême droite, illustre cette percée. Les chercheurs observent également une porosité croissante entre une partie de la droite et les militants du Rassemblement national, ces derniers figurant sur des listes divers droite sans susciter de controverse majeure.





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