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Bruno Retailleau promet un bouclage des cités minées par le narcotrafic

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Le candidat LR à la présidentielle propose un état d’urgence antistupéfiants pour reprendre le contrôle de plusieurs dizaines de quartiers.

En déplacement à Nanterre, dans le quartier Pablo Picasso, Bruno Retailleau a dévoilé ce jeudi son programme de lutte contre le trafic de stupéfiants. L’ancien ministre de l’Intérieur a plaidé pour un dispositif radical visant à isoler les zones les plus gangrenées par ce fléau. Selon lui, la situation impose une réponse d’une fermeté inédite pour sauvegarder l’autorité de l’État.

Le candidat des Républicains, désigné dimanche pour porter les couleurs de son parti à l’élection suprême, a fait de ce sujet régalien le cœur de son premier déplacement officiel. Il souhaite compléter les mesures déjà mises en œuvre durant son passage place Beauvau par un arsenal juridique et opérationnel renforcé. Pour ce faire, il entend réviser la Constitution afin de donner une base légale à son projet.

Ce dispositif, qu’il présente comme un pilier de son futur programme présidentiel, repose sur trois axes principaux. Le premier, d’ordre judiciaire, vise à allonger la durée de la détention provisoire pour frapper au cœur de l’économie souterraine de la drogue. Il prévoit également des sanctions plus sévères à l’encontre des mineurs, avec des peines courtes mais immédiates dès les premiers actes délictueux.

Le deuxième volet concerne le déploiement des forces de l’ordre. Bruno Retailleau propose de verrouiller vingt-quatre heures sur vingt-quatre les quartiers les plus touchés, en contrôlant strictement les entrées et les sorties. Il n’exclut pas d’y employer des véhicules blindés de la gendarmerie, comme le Centaure, pour mener à bien cette mission. Cette mesure, qui permettrait aussi de couper les communications, concernerait dans un premier temps une cinquantaine de secteurs jugés hors de portée de la loi républicaine.

Enfin, le plan prévoit des outils administratifs pour cibler le patrimoine des trafiquants et les frapper au portefeuille. Cette approche globale, selon le candidat, doit permettre de restaurer l’ordre dans des zones aujourd’hui dominées par les réseaux criminels.

Les réactions politiques ne se sont pas fait attendre. Le parti Horizons, fondé par Édouard Philippe, a ironisé sur ce qu’il présente comme un ralliement tardif à une proposition déjà formulée par son propre candidat. De son côté, l’eurodéputée insoumise Manon Aubry a jugé ces annonces dérisoires, rappelant que des opérations similaires existent depuis des années et que leur inefficacité tient à la suppression de la police de proximité sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

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