Culture
_** »Une distinction qui me redonne des forces » : Boualem Sansal intègre l’Académie royale de Belgique**_
_**L’écrivain franco-algérien, libéré en novembre après une année de détention, a été officiellement reçu ce samedi au sein de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique. Il confie y puiser un nouveau souffle après les épreuves traversées.**_
L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a fait son entrée ce samedi à l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, une reconnaissance qu’il juge précieuse après les mois d’emprisonnement subis dans son pays natal. Lors d’un entretien accordé la veille, il a confié que cette distinction lui apportait un soutien moral significatif. « Quand on sort de prison et que l’on a été réduit à néant, sans statut ni droits, cela flatte et donne de la force », a-t-il déclaré dans la grande salle de l’institution, déjà préparée pour la cérémonie officielle.
Son élection au sein de cette assemblée bruxelloise, qui compte quarante fauteuils dont dix réservés à des personnalités étrangères, remonte à octobre 2025, quelques semaines avant sa libération. L’Académie avait alors justifié son choix par la volonté d’honorer un homme qui, selon ses mots, « porte haut la fonction créatrice de l’écrivain », une fonction jugée indissociable de la liberté d’exercice. Six mois plus tard, l’installation de Boualem Sansal survient dans un contexte agité pour le monde de l’édition parisienne, en raison de son récent transfert chez Grasset, maison contrôlée par le groupe Hachette, propriété du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.
L’écrivain a quitté le mois dernier son éditeur historique, Gallimard, pour rejoindre Grasset. Ce changement coïncide avec le départ d’Olivier Nora, ancien PDG de la maison, que de nombreux auteurs considèrent comme un licenciement orchestré par la direction. Les deux hommes étaient en désaccord sur la date de parution du prochain ouvrage de Sansal, finalement avancée au mois de juin. Le départ d’Olivier Nora a déclenché une contestation inédite dans le secteur, marquée par la défection de plusieurs figures connues de Grasset et un appel à instaurer une clause de conscience pour les auteurs, similaire à celle qui existe pour les journalistes.
Interrogé sur la possibilité que Grasset devienne une maison d’édition au service d’un camp conservateur, Boualem Sansal a récusé toute instrumentalisation politique. « Pourquoi avant mon arrivée chez Grasset personne n’a dit que les gens qui y sont sont chez Bolloré ? J’arrive et l’on dit qu’il est chez Bolloré », s’est-il insurgé, y voyant une tentative de le discréditer. « Je n’ai jamais rencontré Bolloré, je ne connais pas ce monsieur. Il n’a pas besoin de moi, je n’ai pas besoin de lui », a-t-il ajouté.
Yves Namur, secrétaire perpétuel de l’Académie, a reconnu que la polémique entourant Grasset venait troubler l’événement de ce samedi. « Oui, cela nous met mal à l’aise, nous aurions préféré éviter ce trouble », a-t-il confié. Il a toutefois relativisé l’ampleur des répercussions. Si quelques appels ont été lancés pour différer la réception le temps que la controverse s’apaise, une seule académicienne a signalé son absence pour ce samedi, sans pour autant regretter son vote en faveur de Boualem Sansal.
Au sein de l’institution, Boualem Sansal occupera le fauteuil numéro 37, précédemment détenu par des figures telles que Georges Duby et Mircea Eliade. Il succède au Français Michel del Castillo, décédé en décembre 2024, auquel il rendra hommage dans son discours. « C’était un enfant abandonné comme moi », a-t-il glissé.
Incarcéré pendant un an en Algérie pour certaines de ses prises de position sur son pays, l’écrivain a recouvré la liberté en novembre dernier, après avoir été gracié par le président Abdelmadjid Tebboune, qui a répondu favorablement à une demande des autorités allemandes. Aujourd’hui octogénaire, il suit un traitement médical en région parisienne pour plusieurs pathologies lourdes. « Je déteste Paris, je ne pense pas que je vais rester en France », a-t-il confié.
La parution de « La Légende », ouvrage dans lequel il relate sa détention, est prévue pour le 2 juin. Vendredi, Boualem Sansal a laissé entendre qu’il y évoquait sa brouille avec Gallimard, liée à des divergences de stratégie durant son emprisonnement. Il aurait souhaité être défendu en résistant, en homme libre. « Je ne suis pas une marchandise dont on négocie la peau », a-t-il affirmé.
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