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La diaspora tibétaine renouvelle son Parlement en exil, un scrutin dénoncé par Pékin

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Des bureaux de vote ont ouvert dans vingt-sept pays pour élire les représentants de la communauté tibétaine en exil, un processus politique que la Chine qualifie de séparatiste.

Les Tibétains établis hors de la République populaire de Chine se sont rendus aux urnes ce dimanche pour désigner leur gouvernement en exil, dans un contexte marqué par les interrogations sur l’avenir de leur communauté. Leur chef spirituel, le dalaï-lama, est âgé de 90 ans.

L’Administration centrale tibétaine, basée en Inde, constitue l’institution centrale de la diaspora depuis 2011, année où le dalaï-lama a renoncé à toute fonction politique pour laisser la place à un exécutif élu. Pour Tenzin Tsering, un jeune électeur de 19 ans qui votait pour la première fois à Bylakuppe, dans l’État indien du Karnataka, ce scrutin revêt une importance particulière. Il souhaite voir une meilleure représentation des jeunes générations au sein des instances dirigeantes.

Ce Parlement en exil compte quarante-cinq membres. Trente d’entre eux représentent les trois provinces historiques du Tibet, dix sont issus des cinq grandes traditions religieuses de la communauté, et cinq autres siègent pour le reste de la diaspora. L’institution, installée à Dharamsala dans le nord de l’Inde, agit au nom des quelque 150 000 Tibétains vivant en exil à travers le monde.

Les opérations de vote se déroulent dans vingt-sept pays, la Chine étant naturellement exclue de ce processus. Environ 91 000 électeurs sont inscrits, dont plus de la moitié résident en Inde, au Népal ou au Bhoutan. Les autres sont dispersés principalement aux États-Unis et en Europe. Cette diaspora ne représente qu’une petite partie des six millions de Tibétains recensés dans le monde.

Le dalaï-lama, installé en Inde depuis sa fuite de Lhassa après l’écrasement d’un soulèvement en 1959, affirme qu’il lui reste encore de nombreuses années à vivre. Il a confirmé que son successeur serait désigné selon la tradition après sa mort, une perspective que Pékin conteste. Les autorités chinoises, qui dirigent un État communiste et athée, ont réaffirmé l’année dernière leur intention d’approuver tout successeur du chef bouddhiste.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a qualifié en février le gouvernement en exil de « groupe politique séparatiste ». Un premier tour électoral, organisé le 1er février, avait permis de sélectionner les candidats. Ce second tour doit départager les prétendants restants, et les résultats définitifs seront annoncés le 13 mai.

Le dirigeant du gouvernement en exil, Penpa Tsering, a déjà été reconduit pour un second mandat après avoir recueilli 61 % des suffrages dès le premier tour, un score suffisant pour l’emporter sans second scrutin. Comme son prédécesseur, il ne revendique pas l’indépendance totale du Tibet, mais s’inscrit dans la politique de la « voie médiane » prônée par le dalaï-lama, qui vise à obtenir une autonomie pour la région himalayenne.

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