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Un G7 Environnement à Paris mise sur la coopération américaine et évite le sujet climatique

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La France a réussi à obtenir l’approbation de sept textes lors de la première journée du sommet, en adoptant une approche pragmatique pour ne pas heurter les États-Unis, qui se sont montrés constructifs.

La ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, s’est félicitée de l’avancée des travaux, soulignant que l’ensemble des textes soumis à l’approbation des participants serait validé. Elle a salué l’attitude des représentants américains, les qualifiant de très constructifs et extrêmement coopératifs, lors d’une promenade avec ses homologues en forêt de Fontainebleau.

Dans son discours d’ouverture, la ministre a reconnu que la protection de l’environnement n’occupait plus le premier rang des priorités internationales. Elle a rappelé la responsabilité particulière du Groupe des Sept, composé du Canada, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, du Japon, du Royaume-Uni et des États-Unis, ainsi que de leurs partenaires, à agir et à envoyer un signal clair de détermination et d’unité. Ce sommet de deux jours s’articule autour de cinq priorités: le financement de la protection de la biodiversité, la préservation des océans, la sécurisation des ressources en eau, les liens entre désertification et sécurité, et le renforcement de la résilience des territoires et infrastructures face aux risques naturels.

Monique Barbut a assumé de ne pas aborder directement la question climatique, afin de ne pas froisser les États-Unis, tout en soulignant que les thèmes retenus sont tous liés au réchauffement climatique. Elle a estimé qu’une approche frontale aurait compromis la tenue du sommet. La question de la sortie des énergies fossiles, pourtant discutée lors d’une réunion internationale en Colombie, a également été écartée des débats.

Cette stratégie suscite des critiques. Une responsable du Réseau Action Climat a regretté qu’un G7 aligné sur le rythme des États-Unis ne puisse prétendre répondre aux crises du siècle en éludant le climat, en ignorant les inégalités de genre et en s’enfermant dans une vision énergétique de court terme. Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, connu pour son scepticisme climatique, a entraîné un recul des engagements américains, notamment le retrait de l’Accord de Paris et le démantèlement de nombreuses normes environnementales. La présence d’une représentante de second rang, Usha-Maria Turner, illustre le peu d’intérêt porté par Washington à ce sommet.

La France espérait séduire l’administration Trump et ses partenaires avec son initiative d’alliance pour le financement de la nature et des peuples, visant à encourager les financements publics et privés pour la protection de la biodiversité. Une première concrétisation est attendue d’ici le sommet du G7 d’Evian en juin, avec un programme d’environ 600 millions d’euros destiné à 22 pays africains et 144 aires protégées. Sur cette somme, 400 millions proviendraient de fondations philanthropiques, dont la moitié du seul Rob Walton, héritier du géant américain de la distribution Walmart.

Si le sujet du financement de la biodiversité s’est imposé dans les discussions, des associations comme le WWF France insistent sur la nécessité que ces financements soient additionnels et ne compensent pas un désengagement parallèle des États, notamment de la France.

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