Politique
L’Europe sommée de voler de ses propres ailes, même sans Trump


L’ancien président français estime que le Vieux Continent doit se préparer à une autonomie stratégique durable, indépendamment de l’issue des scrutins américains.
L’Union européenne doit impérativement apprendre à compter sur elle-même et cesser de tabler sur le soutien des États-Unis, et ce même après le départ de Donald Trump de la Maison-Blanche. C’est le constat dressé samedi par François Hollande, qui appelle à la mise en place rapide d’une défense européenne resserrée autour d’un noyau d’États volontaires.
« Il va falloir vivre seuls, l’Europe seule. C’est très difficile pour les Allemands et les Britanniques d’imaginer un monde occidental sans les États-Unis », a déclaré l’ancien chef de l’État socialiste lors d’une conférence organisée à Liffré, en Ille-et-Vilaine. Prenant la parole au Printemps du Souffle breton, un événement présidé par Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne, il a mis en garde contre toute illusion d’un retour à la normale transatlantique.
« Ne croyons pas que lorsque Donald Trump ne sera plus président, les États-Unis vont revenir en Europe comme avant. C’est fini », a-t-il insisté. Selon lui, les responsables politiques comme les citoyens doivent intégrer l’idée d’un monde où l’alliance américaine ne sera plus une certitude. Même l’arrivée d’un président démocrate, qu’il juge pourtant souhaitable, ne changerait pas fondamentalement la donne. « Il ne sera pas plus complaisant ou solidaire », a averti celui qui ne cache pas ses ambitions pour l’élection présidentielle de 2027.
Tout en plaidant pour le maintien de l’unité européenne, François Hollande a reconnu que l’Europe des Vingt-Sept demeure efficace pour les questions économiques, monétaires et budgétaires. En revanche, il a jugé peu réaliste de modifier les traités européens dans les délais nécessaires pour répondre aux urgences du contexte international. Il a donc proposé une architecture à deux vitesses. « Il faut convenir d’une architecture, où on garderait bien sûr l’Europe à 27, mais où on aurait une Europe à 6 ou 8 », a-t-il expliqué, fondée sur la volonté de ces États de développer ensemble les industries d’avenir, le numérique, l’intelligence artificielle et la défense.
Pour la question sécuritaire, il a estimé qu’il faudrait avancer avec les pays les plus convaincus. Il a cité les États scandinaves et baltes, en première ligne face à la guerre en Ukraine, ainsi que les puissances industrielles comme l’Allemagne et l’Italie.





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