Économie
La renaissance industrielle selon Macron : du chanvre ariégeois à la souveraineté nationale
Le chef de l’État a posé la première pierre d’une usine de géotextiles dans l’Ariège, symbole de son ambition pour une France plus indépendante, avant de s’envoler pour la principauté d’Andorre où l’épineuse question de l’avortement sera au menu des discussions.
Emmanuel Macron a choisi le département de l’Ariège pour illustrer son discours sur la reconquête industrielle. Lundi, sur le site de la future usine Occitanie Géotex à Laroque-d’Olmes, il a procédé à la pose de la première pierre d’un projet qui entend transformer le tissu économique local. Cette entreprise, spécialisée dans la fabrication de géotextiles à partir de fibres végétales de chanvre et de laine issues de la région, représente un investissement de trente millions d’euros. Elle doit générer une quarantaine d’emplois directs et plus d’une centaine de postes indirects.
Le président a insisté sur la cohérence de sa vision, liant réindustrialisation, agriculture et souveraineté. « La bataille pour l’industrie, la transformation de notre agriculture qui fait face au défi de l’eau, tout cela est compatible », a-t-il déclaré, voyant dans ce site l’illustration d’une dynamique vertueuse. L’usine s’implante sur les ruines d’une ancienne filature textile qui, à son apogée, employait près d’un millier de salariés. Ce symbole de renaissance industrielle s’inscrit dans le plan plus vaste dévoilé la semaine précédente dans l’Allier, où le chef de l’État avait présenté cent cinquante projets stratégiques, s’inspirant de la méthode de reconstruction accélérée de Notre-Dame de Paris.
Après une brève halte à l’hôpital de Lavelanet pour évoquer la lutte contre les déserts médicaux, Emmanuel Macron a revêtu sa casquette de coprince d’Andorre. Il s’est rendu pour deux jours dans cette micro-principauté pyrénéenne, où la question de l’interruption volontaire de grossesse reste un sujet sensible. Andorre partage en effet avec le Vatican le statut de seul État européen à interdire totalement l’IVG, y compris en cas de viol ou de danger pour la mère, sous peine de prison pour les femmes et les praticiens, bien qu’aucun procès n’ait jamais eu lieu.
La visite du président français intervient alors que le chef du gouvernement andorran, Xavier Espot Zamora, a exprimé l’espoir d’une dépénalisation de l’avortement d’ici un an, sans pour autant le légaliser. La configuration politique singulière de la principauté, où le chef de l’État français partage le titre de coprince avec l’évêque catholique d’Urgell, complique toute évolution législative. « Ce n’est pas parce que la société andorrane est plus conservatrice, mais parce qu’un de nos chefs d’État est évêque », a expliqué Xavier Espot Zamora à l’AFP.
Emmanuel Macron, qui avait déjà évoqué le sujet lors de sa première visite en 2019, devrait aborder la question avec franchise lors de son discours à la population et durant ses entretiens bilatéraux. La France, qui a inscrit le droit à l’avortement dans sa Constitution en 2024, encourage une évolution. Par ailleurs, le président devrait également insister sur la ratification par référendum de l’accord d’association avec l’Union européenne, un texte qui permettrait à Andorre de participer au marché commun sans en être membre.
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