Société
Bruxelles impose de nouvelles règles à Google pour ouvrir Android aux assistants IA concurrents


La Commission européenne a dévoilé lundi une série de mesures destinées à contraindre Google à offrir un accès élargi aux assistants d’intelligence artificielle rivaux sur son système d’exploitation Android, une initiative vivement contestée par le géant américain.
Les autorités bruxelloises entendent garantir que les services d’IA concurrents puissent interagir pleinement avec les applications installées sur les appareils Android. Il s’agit de permettre à ces assistants d’exécuter des actions courantes comme l’envoi d’un courriel via l’application de messagerie choisie par l’utilisateur, la commande d’un repas ou le partage d’une photo avec des proches. Actuellement, ces fonctionnalités sont largement réservées aux propres solutions de Google, notamment son assistant Gemini.
Le groupe américain a immédiatement réagi en jugeant ces propositions dangereuses. Selon lui, Android constitue déjà un environnement ouvert où la concurrence peut s’épanouir grâce aux partenariats avec les constructeurs de téléphones. L’entreprise estime que la mise en œuvre de ces recommandations compromettrait la sécurité de son système d’exploitation et nuirait aux utilisateurs.
Clare Kelly, responsable juridique du groupe en matière de concurrence, a souligné que l’écosystème Android permet aux assistants IA de se développer librement, les fabricants d’appareils disposant d’une totale autonomie pour intégrer et personnaliser les expériences d’intelligence artificielle. Elle a qualifié l’intervention de la Commission d’injustifiée, affirmant qu’elle supprimerait cette autonomie, imposerait l’accès à des données matérielles sensibles et à des autorisations d’accès aux appareils, ce qui entraînerait une hausse des coûts et menacerait la protection de la vie privée et la sécurité des utilisateurs européens.
Ces propositions s’inscrivent dans le cadre d’une procédure amiable lancée en janvier pour aider Google à se conformer au règlement européen sur les marchés numériques, connu sous le nom de DMA. Ce texte vise à prévenir les abus de position dominante des grandes entreprises technologiques. La Commission, qui avait déjà annoncé en avril des mesures pour obliger Google à partager les données de son moteur de recherche, dispose jusqu’à la mi-juillet pour arrêter les dispositions définitives qui seront imposées au groupe.





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