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Économie

Un demi-poulet à 40 dollars enflamme le débat sur le coût de la vie à New York

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Alors que la cherté de la vie est au cœur des préoccupations des New-Yorkais, le prix d’un demi-poulet rôti dans un restaurant branché de Brooklyn suscite une vive polémique et interroge sur la réalité économique des établissements de la ville.

Le restaurant Gigi’s, ouvert depuis peu dans un quartier prisé de Brooklyn, s’est retrouvé malgré lui au centre d’une controverse après avoir fixé le prix de son demi-poulet rôti à 40 dollars. Pour certains clients, ce tarif jugé excessif incarne le coût de la vie devenu prohibitif dans la métropole américaine. Le chef français Hugo Hivernat, à la tête de l’établissement, confie être pris dans un étau économique. Il explique que ce prix reflète les charges écrasantes auxquelles il doit faire face, et non un quelconque luxe. Le restaurateur précise qu’un quart de ce montant est absorbé par les ingrédients, le poulet étant issu d’une filière locale, tandis que le reste sert à couvrir le loyer, les factures, les salaires et le remboursement d’un emprunt conséquent pour l’ouverture.

La polémique a enflé après qu’un élu local a exprimé son exaspération sur les réseaux sociaux, déclenchant une vague de réactions. Un « indice du demi-poulet rôti » a même vu le jour, classant les prix pratiqués dans la ville, de 10 dollars pour le plus abordable à 78 dollars dans un restaurant français huppé de Manhattan. Cette controverse s’inscrit dans un contexte plus large où les prix des menus ont augmenté de près de 44 % en une décennie à New York, une hausse légèrement supérieure à la moyenne nationale.

Andrew Rigie, représentant d’un syndicat patronal de la restauration, souligne que de nombreux établissements peinent à dégager des bénéfices et survivent tout juste. Il attribue cette inflation à plusieurs facteurs, dont la hausse des primes d’assurance, la reprise économique poussive après la pandémie et l’augmentation du coût des denrées, elle-même amplifiée par les droits de douane. Selon une enquête récente, près de la moitié des restaurants interrogés ont enregistré un chiffre d’affaires inférieur à leurs prévisions fin 2025, leurs principales inquiétudes portant sur les charges salariales, le prix des fournitures et la baisse de la clientèle.

Le chef de Gigi’s, Thomas Knodell, estime que cette polémique a pris une telle ampleur car elle cristallise la frustration générale face à la hausse du coût de tout. Il reconnaît que le prix est élevé mais le présente comme une triste réalité du secteur. Pour lui, des réformes structurelles, comme un plafonnement des prix des denrées alimentaires, seraient nécessaires pour alléger la pression sur les restaurateurs et, in fine, sur les consommateurs.

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