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L’ex-ministre espagnol des Transports face à la justice pour corruption

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L’ancien proche de Pedro Sánchez, José Luis Ábalos, comparaît ce mercredi devant la Cour suprême de Madrid dans une affaire de corruption liée à l’achat de masques pendant la pandémie, un dossier qui embarrasse le chef du gouvernement socialiste.

José Luis Ábalos, figure longtemps incontournable du cercle rapproché du Premier ministre Pedro Sánchez, est jugé pour son rôle présumé dans un vaste système de détournement de fonds publics. L’affaire porte sur l’acquisition frauduleuse de millions de masques par des collectivités locales dirigées par le Parti socialiste ou d’autres institutions publiques. L’ancien ministre comparaît aux côtés de son ex-conseiller Koldo García et de l’homme d’affaires Víctor de Aldama.

Le parquet a requis vingt-quatre ans de prison à l’encontre de M. Ábalos. Selon l’accusation, il aurait joué le rôle de facilitateur pour l’obtention de marchés publics. Koldo García aurait agi comme intermédiaire pour concrétiser les transactions, tandis que Víctor de Aldama aurait organisé la vente des équipements et encaissé les profits. En contrepartie, l’ancien ministre aurait perçu des sommes d’argent et divers avantages, notamment le financement de vacances familiales et d’un appartement de luxe pour sa compagne à Madrid.

Le procès, ouvert le 7 avril, doit théoriquement s’achever jeudi avant la mise en délibéré. MM. Ábalos et García, placés en détention provisoire, clament leur innocence. Víctor de Aldama, qui a collaboré durant l’enquête, comparaît en liberté.

Depuis le début des audiences, plusieurs témoins ont décrit le fonctionnement du trio. Le lieutenant-colonel de la Guardia civil Antonio Balas, principal enquêteur, a souligné le rôle central de l’ancien ministre. Selon lui, sans José Luis Ábalos, les opérations frauduleuses n’auraient pu aboutir. Víctor de Aldama, a-t-il ajouté, était celui qui finançait et exigeait des résultats, tandis que les deux autres prévenus n’ont jamais opposé de refus.

Cette affaire s’avère délicate pour Pedro Sánchez et le Parti socialiste. José Luis Ábalos, âgé de soixante-six ans, a été l’un des artisans de l’ascension du Premier ministre et occupait une place centrale dans l’appareil du parti lorsqu’il en était le secrétaire général. Le scandale suscite des interrogations sur la gestion des proches de Pedro Sánchez, d’autant que son successeur au poste de numéro deux du PSOE est lui aussi visé par une enquête pour corruption et a été écarté du parti.

Par ailleurs, l’épouse du chef du gouvernement, Begoña Gómez, pourrait être renvoyée en procès pour avoir prétendument tiré parti de sa position à des fins personnelles. Le frère du Premier ministre, David Sánchez, sera jugé en mai pour trafic d’influence après avoir obtenu un emploi public dans une administration régionale.

La direction socialiste affirme avoir réagi rapidement en écartant les mis en cause dès la révélation des soupçons. Pedro Sánchez a minimisé l’importance de ses liens avec José Luis Ábalos, alors même que ce dernier avait été le député choisi pour présenter la motion de censure contre le gouvernement de Mariano Rajoy, en 2018, qui avait porté le socialiste au pouvoir.

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