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Le rapport Alloncle sur l’audiovisuel public attise les tensions avant sa publication officielle
Le document de près de 400 pages, adopté de justesse en commission, cristallise les oppositions entre une gauche qui dénonce des méthodes d’extrême droite et une majorité qui appelle à sa mise en œuvre rapide.
Le rapport parlementaire consacré à l’audiovisuel public, rédigé par le député Charles Alloncle, suscite une vive controverse avant même sa publication prévue lundi prochain. Adopté lundi par douze voix contre dix au sein de la commission d’enquête, ce texte de près de 400 pages a provoqué des protestations nourries, notamment de la part des élus de gauche. Son président, Jérémie Patrier-Leitus, a justifié sa diffusion en estimant que les Français doivent pouvoir juger par eux-mêmes des accusations formulées à l’encontre de certaines personnes, tout en dénonçant des méthodes qu’il qualifie de proches de l’extrême droite. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, s’est pour sa part réjouie que ces travaux aboutissent à une publication publique.
La commission avait été mise sur pied fin octobre, après l’affaire impliquant deux journalistes du service public accusés de liens avec le Parti socialiste. Le rapport, fruit de six mois d’auditions sous haute tension, préconise une réduction drastique des crédits alloués par l’État, visant à économiser plus d’un milliard d’euros, soit environ un quart du budget actuel. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a estimé que cette instance avait été détournée à des fins politiques pour promouvoir les idées du Rassemblement national et d’Éric Ciotti, ajoutant que ces propositions tendent à une forme de démantèlement de l’audiovisuel public.
Marine Le Pen, cheffe de file des députés RN, a appelé le gouvernement à examiner ces préconisations, soulignant que la commission avait mis en lumière de graves dysfonctionnements utiles à l’information des citoyens. Les élus RN et LR ont voté en faveur du rapport, tandis que la gauche s’y est opposée et que les représentants de Renaissance et du MoDem se sont abstenus. Charles Alloncle a déploré ce qu’il qualifie de front pour la censure, accusant la gauche de considérer l’audiovisuel public comme sa propriété exclusive.
Le député UDR ne recommande pas explicitement la privatisation, contrairement au RN, mais estime que seule une transparence totale sur l’utilisation des deniers publics permettra de sauver France Télévisions et Radio France. Ses propos ont été relayés par Europe 1 et CNews, deux médias appartenant au milliardaire conservateur Vincent Bolloré, qui critiquent régulièrement le coût et la neutralité du service public. Avant le vote décisif, Le Monde a révélé que Lagardère News, propriétaire d’Europe 1, avait fourni aux députés une série de questions à poser lors des auditions. Le président de la commission s’est interrogé sur une éventuelle influence extérieure visant à faciliter un rachat à bas prix de l’audiovisuel public.
Les députés MoDem ont annoncé la préparation d’un contre-rapport pour répondre aux conclusions de Charles Alloncle. Interrogée sur ce document jugé à charge, la ministre de la Culture Catherine Pégard a affirmé devant l’Assemblée nationale que l’audiovisuel public constitue un bien commun, et que les véritables enjeux résident dans la lutte contre la désinformation et les fausses informations, face auxquelles le service public peut jouer un rôle d’antidote.
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