Culture
Bastien Blanc-Tailleur, l’orfèvre du sucre pour une clientèle d’exception
Le pâtissier français, sacré chef le plus créatif du monde en 2024, façonne des gâteaux uniques pour les ultra-riches, avec des budgets dépassant le million d’euros.
À Udaipur, en Inde, lors de l’union de l’héritière milliardaire Netra Mantena et du magnat de la tech Vamsi Gadiraju, une pièce montée monumentale a éclipsé la performance de Jennifer Lopez, pourtant rémunérée deux millions de dollars. Cette réplique en sucre du Taj Mahal, haute de près de trois mètres, signée Bastien Blanc-Tailleur, a capté tous les regards et dominé la couverture médiatique du lendemain. Les créations de ce pâtissier de 34 ans s’apparentent à de la haute couture : des œuvres uniques, entièrement artisanales, exigeant un investissement colossal en temps et en argent. « Nous travaillons rarement sur un mariage avec un budget inférieur à un million d’euros », confie-t-il depuis son atelier près de Paris.
Le chef refuse de divulguer le prix exact de ses réalisations, mais indique que ses tarifs débutent à 20 000 euros pour les plus modestes. La commande indienne comprenait cinq gâteaux, dont une pièce maîtresse ornée d’orchidées et d’éléphants en pâte à sucre blanche, nécessitant environ 3 500 heures de travail. « Nous avons atteint les limites de nos capacités. C’est l’un des projets dont je suis le plus fier », ajoute-t-il. Sacré chef pâtissier le plus créatif du monde en 2024 par La Liste, classement gastronomique international, Bastien Blanc-Tailleur se définit désormais comme un « designer de gâteaux », héritier d’un art décoratif né en France au XVIIIe siècle lors des banquets royaux.
Avec une équipe de seulement dix personnes, il ne produit qu’une vingtaine de gâteaux par an, convoités par les familles royales du Moyen-Orient, les grandes fortunes américaines et l’aristocratie européenne. Les récentes tensions géopolitiques ont affecté son carnet de commandes, plusieurs festivités ayant été reportées. Mais le pâtissier reste philosophe face aux aléas. Lors du mariage indien, un problème logistique lié aux œufs et au beurre a failli compromettre la réalisation du gâteau. Une autre fois, un agent des douanes saoudiennes a mal refermé des boîtes, abîmant le glaçage.
Formé dès l’âge de quinze ans dans de grandes maisons parisiennes comme le Pavillon Ledoyen ou le Four Seasons George V, Bastien Blanc-Tailleur a appris auprès du chef Yannick Alléno à ne pas se limiter dans la création. Son processus créatif passe par le crayon et le papier, rejetant l’intelligence artificielle et ses rendus trop réalistes. Collectionneur compulsif, il avoue une prédilection pour les ornements floraux, le travail le plus chronophage. Avec un emploi du temps aussi prenant et des déplacements constants, il trouve peu de temps pour lui. « Je suis fiancé depuis quatre ans », confie-t-il, sans avoir encore fixé la date de son propre mariage.
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