Planète
La déforestation tropicale recule sans disparaître

En 2025, la destruction des forêts primaires tropicales a nettement diminué par rapport à l’année record précédente, mais elle demeure à un niveau préoccupant qui compromet les objectifs climatiques mondiaux.
Les régions tropicales ont perdu 4,3 millions d’hectares de forêt vierge l’an dernier, soit une surface comparable à celle du Danemark. Ce chiffre, issu des travaux de l’observatoire Global Forest Watch et de l’université du Maryland, marque un recul de 36% par rapport à 2024, année où la disparition de ces écosystèmes essentiels avait atteint un pic historique avec 6,7 millions d’hectares. Si cette amélioration est saluée comme un signe encourageant par les experts, elle pourrait n’être que passagère. Malgré cette accalmie, l’équivalent de onze terrains de football de forêts primaires continue de disparaître chaque minute dans le monde, et les pertes actuelles restent 46% plus élevées qu’il y a dix ans. L’objectif international de mettre fin à la déforestation d’ici 2030 semble hors d’atteinte, les niveaux observés étant encore 70% trop élevés par rapport à la trajectoire nécessaire.
Le ralentissement constaté en 2025 doit beaucoup aux efforts du Brésil, qui abrite la plus vaste forêt tropicale de la planète. Sous l’impulsion de politiques volontaristes, notamment un plan antidéforestation et un durcissement des sanctions environnementales, le pays a réduit de 41% la destruction de ses forêts primaires hors incendies par rapport à 2024, atteignant son plus bas niveau historique. D’autres nations, comme la Colombie avec une baisse de 17%, ou l’Indonésie et la Malaisie grâce à une gouvernance ferme, ont également enregistré des progrès notables. Ces avancées restent toutefois fragiles et exposées à des pressions persistantes telles que l’expansion des cultures de soja, l’élevage bovin au Brésil ou l’exploitation minière du nickel en Indonésie, qui ravagent des milliers d’hectares. Parallèlement, la déforestation demeure élevée en Bolivie, en République démocratique du Congo, au Cameroun et à Madagascar.
La menace des incendies s’amplifie également. En 2025, les feux ont représenté 42% des pertes de couverture arborée dans le monde, une part en forte hausse sous l’effet du changement climatique. Au Canada, les incendies ont détruit 5,3 millions d’hectares, faisant de cette année la deuxième plus catastrophique jamais enregistrée. En France, les surfaces forestières brûlées ont été sept fois plus importantes qu’en 2024, tandis qu’en Espagne et au Portugal, 60% des pertes d’arbres sont imputables aux flammes. Selon le Giec, dans un scénario de réchauffement de 4°C, la fréquence des incendies pourrait augmenter d’environ 30% et les surfaces brûlées de 50 à 70%. L’année 2026 s’annonce décisive, avec le retour probable du phénomène El Niño, qui exacerbe les risques d’incendies, et des échéances électorales dans plusieurs pays forestiers, dont les politiques pourraient infléchir la tendance.

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