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Netanyahu en tête, mais Israël reste sans majorité
Les résultats définitifs des législatives donnent 53 sièges à la coalition sortante de Benjamin Netanyahu, contre 48 au bloc d’opposition. Aucun camp…

Les résultats définitifs des législatives donnent 53 sièges à la coalition sortante de Benjamin Netanyahu, contre 48 au bloc d’opposition. Aucun camp n’atteint les 60 sièges nécessaires pour gouverner seul.
Les chiffres sont tombés dans la nuit de jeudi à vendredi. La coalition sortante de droite et d’extrême droite de Benjamin Netanyahu obtient 53 sièges sur les 120 que compte la Knesset. Le Likoud du Premier ministre reste le premier parti du pays avec 27 députés. En face, le bloc d’opposition mené par Gadi Eisenkot en récolte 48. Un rapport de force qui place Netanyahu en tête mais l’empêche, à ce stade, de garder la main sur le Parlement.
Ce scrutin de mardi était le premier depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023. Il a mobilisé massivement, avec une participation de 77 %, un niveau inédit depuis 1999. Autre fait marquant, la percée des deux listes arabes, Raam et la Liste unifiée, qui raflent ensemble 19 sièges. Un poids nouveau dans une assemblée où chaque siège va compter.
Mais l’élan démocratique a vite été rattrapé par la polémique. Jeudi, des responsables et des médias ont relayé des accusations de fraude. Selon eux, les partis arabes auraient reçu des fonds du Qatar pour acheter des voix. L’émirat sert souvent de repoussoir commode dans le débat politique israélien, et l’opposition avait elle-même accusé Netanyahu et son entourage de liens avec ce pays, soutien financier du Hamas et hôte de sa direction politique pendant des années. Le Qatar et les formations visées ont rejeté ces allégations. Gadi Eisenkot a accusé Benjamin Netanyahu de chercher à « délégitimer les résultats » du vote. Le Shin Bet, le renseignement intérieur, a confirmé enquêter sur des soupçons d’irrégularités, tout en précisant que cette enquête ne visait pas à « incriminer toute une communauté qui a voté de manière démocratique et légale ».
La Commission électorale a tenu à calmer le jeu. Elle a affirmé que « certaines informations qui avaient circulé étaient entièrement infondées », ajoutant que l’enquête se poursuivait sans impact sur les résultats finaux. Ces derniers seront remis mercredi au président Isaac Herzog, qui consultera les chefs de partis avant de désigner celui chargé de tenter de former un gouvernement.
Sans majorité, les tractations s’annoncent longues et laborieuses, possiblement des semaines. En cas d’échec, Israël pourrait retourner aux urnes, comme il l’a déjà fait par le passé. Le tout dans un contexte tendu, entre guerre à Gaza, violences et expansion des colonies en Cisjordanie, critiques internationales croissantes et menaces de relancer une campagne militaire contre l’Iran. La polarisation du pays, renforcée depuis le 7-Octobre, pèse plus que jamais sur cette impasse politique.
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