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À Colombo, des milliers de manifestants réclament l’abandon de deux lois sécuritaires

Mercredi, la capitale sri-lankaise a vu défiler une foule venue exiger le retrait de deux textes qui élargissent les pouvoirs de la police. Les…

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À Colombo, des milliers de manifestants réclament l'abandon de deux lois sécuritaires

Mercredi, la capitale sri-lankaise a vu défiler une foule venue exiger le retrait de deux textes qui élargissent les pouvoirs de la police. Les organisateurs y voient une atteinte directe aux libertés publiques.

Ils étaient des milliers à converger vers le Parlement, dans une ambiance déterminée et sous étroite surveillance policière. Le cortège, lancé à l’initiative du Parti de l’avant-garde socialiste et de ses alliés, tous dans l’opposition, a avancé en scandant des slogans hostiles aux deux projets de loi, avant de se disperser une fois la marche terminée.

Les textes en question touchent à deux domaines sensibles. Le premier, consacré à la lutte antiterroriste, porte la garde à vue à 72 heures sans qu’un magistrat n’intervienne, autorise la police à retenir un suspect pendant un an et muscle ses moyens de surveillance. Le second durcit la répression de la criminalité organisée, avec un angle particulier sur le trafic de stupéfiants.

Dans la foule, les banderoles disaient l’essentiel des inquiétudes. L’une fustigeait « Jusqu’à 72 heures dans les geôles de la police ». Une autre résumait la crainte d’un glissement, avec cette phrase reprise en chœur, « Un employé qui se met en grève est un terroriste ». Derrière ces slogans, une même question revient, celle d’une définition du terrorisme assez floue pour englober des gestes de contestation tout à fait ordinaires.

Cet argument a trouvé un écho bien au-delà des rues de Colombo. L’ONU a jugé que les deux projets définissaient le terrorisme en des termes très vagues, au point de menacer des libertés fondamentales comme le droit de manifester ou le libre exercice du métier de journaliste. Le Centre pour des politiques alternatives, une ONG, a de son côté réclamé le retrait pur et simple des textes et porté l’affaire devant la Cour suprême du pays.

Reste la réalité arithmétique du Parlement. Anura Kumara Dissanayake, premier président de gauche de l’histoire du Sri Lanka et grand vainqueur des législatives de 2024, s’appuie sur une majorité des deux tiers. De quoi garantir l’adoption des deux projets, quelles que soient les réserves exprimées dans la rue, aux Nations unies ou par les organisations de défense des libertés.

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