Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

Au Cottolengo, l’effervescence avant la visite de Léon XIV

À une heure de Buenos Aires, 410 résidents atteints de handicaps lourds s’apprêtent à recevoir le pape le 9 novembre. Entre les caméras à positionner et…

Article

le

Au Cottolengo, l'effervescence avant la visite de Léon XIV

À une heure de Buenos Aires, 410 résidents atteints de handicaps lourds s’apprêtent à recevoir le pape le 9 novembre. Entre les caméras à positionner et les prières pour sa santé, l’institution caritative vit au rythme des préparatifs.

À Claypole, le domaine ressemble à une petite ville. Cinquante hectares arborés, des rues, une place centrale, une église. C’est là que le pape est attendu le 9 novembre, lors de son étape argentine. Le centre, fondé en 1936, fait partie des quatorze que l’organisation gère entre l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay. Il héberge 410 personnes souffrant de handicaps multiples, neurologiques ou psychomoteurs, et emploie 380 salariés. Beaucoup de résidents ne mesurent pas vraiment ce qui se prépare. Mais autour d’eux, tout le monde s’active.

Des techniciens arpentent le site, prennent des mesures, repèrent les emplacements des caméras, de la scène, des chaises. L’hospitalisation du pape et son opération n’ont rien interrompu. « On a continué de travailler de la même façon depuis le début, il n’y a eu aucun changement », assure Luciana Ponce, coordinatrice des foyers. Dans son atelier de céramique, Esteban, 44 ans, nettoie une tasse qu’il vient de fabriquer, avec un soin minutieux. Il attend la visite avec une idée simple en tête. « J’espère pouvoir le rencontrer et qu’il se sentira comme chez lui. »

Le coup de projecteur tombe à un moment sensible. En Argentine, le gouvernement de Javier Milei portait une réforme du budget du handicap que l’opposition dénonçait comme un ajustement déguisé. En septembre, la Commission épiscopale sociale a publié un texte au titre évocateur, « la fragilité qui nous humanise », pour rappeler que « la réponse de l’État ne doit pas se réduire à une équation mathématique » et que derrière chaque traitement se tient « une personne réelle avec un projet de vie, des douleurs et des espoirs ». Le porte-parole présidentiel a dû affirmer que les personnes handicapées restaient « une priorité pour le gouvernement ». Depuis, des tractations parlementaires ont permis de conserver, pour 2027, le budget d’une loi d’urgence adoptée en 2025.

La visite, elle, se fera portes fermées. À l’extérieur du domaine, des écrans géants permettront à des milliers de personnes de suivre la scène. Deux femmes pensionnaires depuis des décennies, dont une aveugle, ont été choisies pour raconter leur vie. Une cérémonie est prévue dans la chapelle, où les bancs seront retirés pour laisser la place au plus grand nombre possible de fauteuils roulants. « On veut que les handicapés soient acteurs » de la visite, explique le frère Jorge Silanes, directeur du centre. Un moment échappera pourtant à toute caméra. Le pape entrera seul dans un pavillon réservé aux résidents les plus lourdement atteints, en situation de forte dépendance.

Le lieu porte le nom de Giuseppe Benedetto Cottolengo, prêtre piémontais mort en 1842, qui avait ouvert à Turin en 1828 un foyer pour accueillir des malades handicapés refusés partout ailleurs. On l’appelle aussi « Don Orione », du nom du prêtre italien canonisé en 2004, fondateur de la Petite œuvre de la Divine providence, dans le prolongement de cette même œuvre. Une relique de son cœur est conservée sur place.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus