Faits Divers
Après la mort de son fils, un père appelle à une vraie réponse contre le racisme
Le père de Pengo Bossio Wangi, tué dans une attaque raciste dans les Yvelines, veut que l’hommage national envisagé serve à une prise de conscience…

Le père de Pengo Bossio Wangi, tué dans une attaque raciste dans les Yvelines, veut que l’hommage national envisagé serve à une prise de conscience collective. Il réclame un engagement concret contre le racisme et toutes les formes de haine.
Bolema Bossio Wangi a pris la parole par l’intermédiaire de sa fille, Ambre Banguid. Trop ému pour s’exprimer lui-même, il a fait lire une déclaration dans laquelle il demande que l’hommage national envisagé pour les victimes ne se limite pas au recueillement. Pour lui, ce moment doit provoquer une vraie prise de conscience et un engagement contre le racisme et toutes les haines. Il a rappelé son parcours de fils de l’immigration africaine, grandi en France dans les années 80 et 90, quand les violences contre les personnes maghrébines ou noires étaient courantes. Il ne pensait pas que, des décennies plus tard, son fils Pengo Bossio Wangi mourrait sous les coups d’un individu porté par la même haine.
Dans une France marquée par de fortes tensions identitaires, il dit sa peur de père d’enfants noirs. Malgré la colère et la douleur, il annonce avec la mère de Pengo faire le choix de faire confiance à la justice du pays. Si la mort de leur fils doit servir à quelque chose, dit-il, c’est à sensibiliser sur un racisme qui gangrène la société française depuis des décennies, alimenté selon lui par certains médias et partis politiques. Il insiste aussi sur son attachement à la France et à ses valeurs de fraternité. Pour lui, le pays doit rester fidèle à ces valeurs, quelles que soient les origines et la couleur de peau de ses habitants.
Les faits remontent au 23 octobre. Pengo Bossio Wangi, 26 ans, a été tué lors d’une équipée violente à Trappes et La Verrière. Kévin T., 39 ans, a également blessé sept autres personnes, dont plusieurs d’origine africaine ou maghrébine. Il a été mis en examen et placé en détention provisoire. L’avocate du père, Me Zineb Alami, a précisé que son client et sa famille entendaient se constituer partie civile. Elle a regretté qu’aucun membre du gouvernement n’ait contacté le père de Pengo, ce qui l’a profondément peiné.
Le Parquet national antiterroriste a évoqué un drame préparé. Me Zineb Alami estime qu’il s’est construit dans un climat de haine raciste installé peu à peu et qui ronge le pays. Elle rappelle qu’une agression visant une personne noire avait déjà eu lieu trois jours avant, menée selon elle par Kévin T. À ses yeux, il avait donc commencé à passer à l’acte. Elle demande si les mêmes signaux auraient conduit aux mêmes décisions s’ils avaient fait penser à un terrorisme islamiste. L’instruction devra selon elle faire la lumière sur les faits et sur l’idéologie qui a poussé Kévin T. à agir. Elle pointe aussi une haine d’extrême droite relayée par des médias qui lui offrent une tribune permanente, et appelle à établir la responsabilité de chacun.
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